Présidentielle 2027 : un lancement de campagne réussie pour Édouard Philippe ?

Jeanne Accorsini /SIPA

Le candidat d’Horizons Edouard Philippe a entamé sa campagne présidentielle avec son premier meeting hier, dimanche 5 juillet, à l’Adidas Arena à Paris. Devant environ 5000 personnes, il a appelé à l’effort collectif, en insistant sur la nécessité de mener certaines réformes importantes.

Ce premier meeting marque un tournant dans sa campagne présidentielle. Alors qu’il semblait se contenter jusqu’à présent d’une avance dans les sondages lui offrant l’accès au second tour, Edouard Philippe était suspecté de ne pas savoir créer d’élan, voire d’être enfermé dans une approche un peu distante du pays.

Cependant, hier, pour son meeting parisien, il a su soulever l’enthousiasme des siens. Il a même « fendu l’armure » en se racontant lui-même, sans pour autant tomber dans la confession intime indécente ou dans l’exercice de communication en toc.

Symboliquement, les références à son parti, Horizons, ont disparu pour céder la place à son slogan « Croire en nous », qui rappellera à certains le « croire en la France » d’Edouard Balladur en 1995.

Edouard Philippe a énoncé quelques unes de ses priorités, sans rentrer dans le détail de son programme « massif »

Après des semaines de surplace, Edouard Philippe est vraiment entré en campagne. Les priorités qu’il a rappelées ne sont pas neuves, ça fait des mois qu’il les décline : remettre de l’ordre dans la rue, dans les comptes ou aux frontières, priorité à l’école et à la justice.

Et hier il n’est pas plus entré dans le détail de son projet, qu’il annonce toujours « massif » mais sur lequel il n’est pas encore entré dans le concret. Mais ce n’était pas l’objet de ce discours et on attend plus d’un candidat à l’élection présidentielle qu’il développe une vision du pays plutôt qu’il détaille un programme du gouvernement.

Il y aura un effort collectif à faire et des positions à assumer selon Edouard Philippe

Son grand défi était donc d’annoncer clairement qu’il y aurait des efforts à faire, des réformes courageuses à mener, tout en faisant preuve d’optimisme et en mobilisant les Français plutôt qu’en les décourageant.

Et de ce point de vue, il a décidé de regarder cet effort collectif à l’aune de l’avenir de nos enfants. Il affirmait qu’on a souvent privilégié la conservation de notre confort immédiat à la construction de leur bonheur. En laissant filer la dette, en ne réformant pas les retraites, les dirigeants actuels font payer aux générations futures leur manque de courage.

Edouard Philippe a donc prévenu qu’il allait demander des efforts nécessaires pour les adultes de demain. Sur cette belle promesse de vérité et de courage, on peut le croire sincère et être convaincu qu’elle est vitale.

A lire aussi

Edouard Philippe reste néanmoins marqué par le macronisme, dont il a été l’incarnation en tant que premier ministre

Mais on peut aussi se souvenir que cette même promesse a été faite par des candidats qui ont été élus, et qu’elle a été à chaque fois déçue. Cela invite à ne pas prendre un discours pour argent comptant.

De plus, quand Edouard Philippe dit vouloir « prendre le pouvoir » pour réaliser cela, il se heurte au fait que le pouvoir, il l’a exercé justement. Son réquisitoire vaut également procès du macronisme. Or, ce macronisme, il l’a aussi incarné. Et dans sa bataille pour être crédible demain, ce qu’il a fait et été hier pèsera dans la balance.

Guillaume Tabard

Retrouvez tous les articles liés à la politique