À Dijon, une médiathèque, une salle polyvalente et un collège ont été incendiés en moins d’un an. De janvier à septembre 2025, trois homicides et neuf tentatives ont eu lieu dans cette ville que l’on pourrait classer dans la catégorie des « villes moyennes » – 155 000 habitants. « Il y a lieu de penser que ces faits sont en lien avec le trafic de stupéfiant », indiquait le préfet en septembre dernier.
Ces violences, les habitants l’attribuent à la montée du trafic de drogue qui se concentre dans le quartier des Grésilles. La sécurité est devenue la principale préoccupation des riverains à l’approche des élections municipales.
Cédric Bovrisse, secrétaire du syndicat Alliance Police en Côte d’Or, décrit le phénomène : « La médiathèque a été incendiée par deux fois. Cet incendie peut être lié à la présence de trafiquants de stupéfiants à proximité. »
Un territoire convoité par les réseaux de narcotrafic
Mais que se passe-t-il spécifiquement à Dijon ? « Il y a les points de deal qui génèrent de l’argent, et on a des équipes extérieures à Dijon qui cherchent à s’implanter. Ils se sont dit : ‘Tiens, c’est une petite ville de province, il y a de l’argent à prendre’. Chacun cherche à s’imposer et à prendre le territoire », explique le policier.
Le quartier porte les stigmates de cette guerre des territoires. « Là, vous avez le collège Champollion qui a été incendié. Le procureur a fait un lien direct avec le trafic de stupéfiants et un acte de représailles par rapport au travail de la police qui les gêne tous les jours. »
L’inquiétude des habitants de Dijon
À la sortie d’une école du quartier, une grand-mère soupire : « On n’est pas en sécurité ! » Avant d’évoquer les élections municipales : « Ce que j’attends du prochain maire, c’est qu’il arrête toute cette violence. On n’ose plus sortir, on n’ose même plus prendre le tram. »
Alors a-t-elle raison de compter sur la mairie ? Oui et non. Non, car la lutte contre le narcotrafic est une compétence de l’État. Oui, car la mairie, garante de la tranquillité publique, peut tout de même l’épauler, notamment grâce à ses policiers municipaux.
« Ça fait 20 ans que j’habite dans le quartier, et les polices municipales, franchement, je les ai vues trois, quatre fois. Maintenant, on est à Marseille », déplore une mère de famille. « Laisser mon enfant, même si je vis en bâtiment, j’ai très peur. »
Inutile, d’après ces mamans, de glisser un bulletin dans l’urne. « J’ai pas envie, il n’y a rien qui change. » « On pourra mettre un gendarme ou un policier à tous les coins de rue, si les gens ne respectent rien, ils ne respectent rien. »
Des réponses politiques contrastées
À gauche, priorité à la désescalade : un candidat propose de désarmer les agents. À droite, un autre promet de doubler leurs effectifs. La majorité lève les yeux au ciel et Sébastien Chevalier défend son bilan.
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« Je suis conseiller municipal à la ville de Dijon, délégué à la tranquillité publique. Recruter des policiers municipaux, ça ne se fait pas d’un claquement de doigts. Durant ce mandat, nous sommes passés de 70 policiers à 100 policiers. Nous avons également poursuivi l’installation de caméras de vidéoprotection. Ces incendies, ce n’est pas anodin. C’est précisément parce que les pouvoirs publics sont actifs. C’est une forme de vengeance. »
Si l’on dézoome sur l’ensemble du territoire, les communes ont quasiment triplé leurs investissements dans la police municipale entre 2019 et 2024, d’après l’observatoire des finances et de la gestion publique locales.
Liste complète des candidats dans la commune :
- Emmanuel Bichot se présente sous l’étiquette LR.
- Nathalie Koenders, la maire sortante (Parti Socialiste) a annoncé se représenter.
- À gauche, elle fera face à Michel Haberstrau, tête de liste des Ecologistes/PCF/Après/Génération.s.
- Une liste France Insoumise est également déclarée, « Dijon Populaire », menée donc maintenant par Olivier Minard.
- À l’extrême-droite, Thierry Coudert conduit la liste RN/UDR (l’Union des Droites pour la République, le parti fondé par Éric Ciotti).
- Enfin, une liste citoyenne, « Dijon Avenir, Bifurquer, Inspirer, Protéger », menée par Rémi Goguel, co-fondateur du mouvement citoyen Dijon Avenir avec Mathilde Mouchet, qui est son binôme aux élections municipales.
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