Présidentielle 2027 : primaire de la gauche, Raphaël Glucksmann en pole position ?

ISA HARSIN/SIPA

Les socialistes ont fait la semaine dernière le choix d’une primaire réservée aux adhérents du PS et de Place publique, le parti de Raphaël Glucksmann. Cette procédure devrait permettre au député européen d’arriver en tête de la gauche non mélenchonniste, même s’il ne s’est pas encore déclaré candidat à l’élection de 2027. 

 

D’abord, il faut souligner le caractère peu représentatif de ce vote auquel n’ont participé que 14.000 adhérents du PS. Ensuite c’est vrai que ce choix d’une primaire réservée aux seuls adhérents du PS et de place Publique est fait pour favoriser Raphaël Glucksmann.

Olivier Faure, le premier secrétaire, défendait une primaire ouverte pour désigner un candidat qui, ensuite, se serait plié à une autre primaire, plus large, avec François Ruffin, Marine Tondelier et d’autres.

Ça aurait été un piège pour Glucksmann car on aurait eu un corps électoral final bien plus à gauche et pour tout dire hostile au réformisme social-démocrate du député européen.

Raphaël Glucksmann ne se présentera pas à l’élection présidentielle sans le PS

Avec ce choix de procédure fait, une porte s’ouvre pour Glucksmann. Mais lui aussi fait un pas en direction du PS. Il l’a dit dans un entretien à la Tribune Dimanche : « je ne nous imagine pas faire campagne sans les socialistes ». Raphaël Glucksmann ne se présentera pas sans le PS , donc il n’ira pas contre un autre candidat qui serait investi par ce parti.

Mais puisqu’il lie son sort au PS, il veut des garanties sur l’organisation de cette primaire. En clair il ne veut pas participer à une sorte de cour des miracles socialistes avec un trop plein de candidats, du député Philippe Brun à Ségolène Royal.

Jean-Luc Mélenchon renforce sa domination à gauche

De toute façon, Glucksmann a prévenu qu’il ne se déclarerait pas avant fin septembre. Ça laisse du temps pour bien des tractations, bien des conciliabules. Mais ça laisse surtout du temps, à Jean-Luc Mélenchon pour faire campagne en solitaire.

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Si les deux hommes représentent deux gauches opposées, voire irréconciliables, la nature a tout de même horreur du vide, et Mélenchon a un sens tactique hors pair.

Pendant que le reste de la gauche se noie dans des querelles d’égos et de procédure de sélection de ses candidats, l’Insoumis en profite pour se poser en seul « vote utile » contre Marine Le Pen. Et si l’on regarde tous les sondages, ça marche.

Plus ils attendent et plus Glucksmann et le PS laissent Mélenchon renforcer sa domination à gauche, ce qui s’était déjà passé en 2017 et en 2022.

Guillaume Tabard

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