Baisse de vente des cigarettes : quelles sont les conséquences pour l’économie française ?

Les ventes de cigarettes ont reculé de 7 % au premier semestre, soit 40 millions de paquets de moins que l’année dernière. Une bonne nouvelle pour la santé des Français, mais une mauvaise pour les finances publiques : les recettes fiscales sur le tabac, qui alimentent en grande partie l’Assurance maladie, sont elles aussi en chute libre.

 

C’est une mauvaise nouvelle pour les fabricants de cigarettes. Il s’est vendu au premier semestre 40 millions de paquets de moins que l’an dernier, soit une baisse de 7 %. Il s’en est quand même vendu encore 550 millions en six mois, mais cela se confirme.

En 2018, plus d’un milliard de paquets avaient été achetés en six mois selon les douanes françaises. Les Français fument donc de moins en moins, même s’ils fument un peu plus que les Italiens ou les Espagnols.

Les taxes représentent plus de 80% du prix du paquet

Les raisons de cette baisse sont connues : les politiques de prévention, les interdictions de fumer sur les plages ou dans les parcs publics, le développement de la cigarette électronique et surtout la hausse des prix. Entre 2018 et aujourd’hui, fumer une cigarette coûte 80 % plus cher. La politique anti-tabac mise en place par l’État semble quand même porter ses fruits.

Cette baisse est une mauvaise nouvelle pour l’État français car quand on parle de hausse du prix du tabac, on parle surtout hausse des taxes. Elles représentent plus de 80 % du prix du paquet, TVA incluse. En conséquence, les recettes diminuent. On est passé d’un pic de 15 milliards d’euros de taxes en 2020 à 12 milliards et demi l’an dernier, malgré la flambée des prix.

Le tabagisme a été responsable de plus de 68 000 décès

Cette année, les recettes pourraient repasser sous les 12 milliards, pour la première fois depuis 2016. Une mauvaise nouvelle pour les comptes de l’Assurance Maladie qui récupère l’essentiel de ces taxes, surtout que cette tendance devrait se poursuivre. À un moment, l’État devra peut-être songer à compenser ce manque à gagner pour la Sécurité sociale.

Mais ce que l’État perd à court terme, il devrait le gagner à long terme. Le tabagisme tue, c’est marqué en gros sur les paquets. En France, le tabac a été responsable de plus de 68.000 décès selon Santé publique France. Ils sont dus à des cancers, des maladies cardiovasculaires et des maladies respiratoires chroniques.

Selon l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives, le coût social net du tabac serait de 150 milliards d’euros en France. Dix fois plus que ce que rapporte les taxes.

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On peut donc se réjouir de cette baisse des ventes de tabac, en la relativisant aussi, car ce chiffre de 40 millions en moins n’intègre pas les achats de cartouches à l’étranger, ni surtout la contrebande et la contrefaçon de cigarettes non taxées. Sans doute l’un des freins à de nouvelles hausses des prix.

En attendant à plus long terme un changement d’habitudes générationnelles, l’Assurance maladie a proposé récemment d’interdire la vente de tabac à toutes les générations nées après 2009.

Pierrick Fay

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