C’est un sujet auquel on ne pense pas forcément lorsque l’on parle de langue française : comment décide-t-on de supprimer un mot du dictionnaire ? Existe-t-il un ouvrage répertoriant tous les mots disparus à travers le temps ? Certains mots, comme raréfiable, sont en effet supprimés, mais cela reste rare, car des mots oubliés peuvent parfois faire un retour triomphant dans la langue française.
Géraldine Moinard, directrice de la rédaction des dictionnaires aux éditions Le Robert, explique que « si nous ne parlons jamais des mots qui sortent du Petit Robert, c’est parce que les mots n’en sortent pas, ou du moins très rarement. »
De nouveaux mots apparaissent chaque année, mais les suppressions, elles, n’ont pas lieu annuellement : certains mots sont supprimés tous les vingt à trente ans environ, lorsqu’il faut vraiment libérer de la place dans l’ouvrage papier. Les lexicographes n’aiment pas retirer des mots.
Daron, blase, disquette : certains mots désuets refont surface
D’autant plus que le lecteur peut avoir besoin de chercher des mots qu’il découvre au fil de ses lectures. Géraldine Moinard nous donne un exemple : si plus personne ne parle de « prendre un drink » aujourd’hui, ce mot reste présent dans la littérature du milieu du XXe siècle, chez Jules Romains, Georges Simenon ou Antoine Blondin. De même, des termes que l’on croyait désuets reviennent au goût du jour : daron, blase, disquette…
Les dernières suppressions dans le Petit Robert datent de 2007 et ne concernent qu’une poignée de mots rares, qui demeurent tous dans le Grand Robert : on y retrouve gnothi seauton, qui signifie « connais-toi toi-même » en grec, raréfiable.
Où vont les mots supprimés du dictionnaire ?
Pour intégrer de nouveaux mots sans procéder à des suppressions, les programmes de mise en page jouent au millimètre près sur les espaces, les marges et les interlignages. En revanche, dans des ouvrages où ces ajustements ne sont pas possibles, comme les dictionnaires pour enfants, les suppressions sont plus fréquentes.
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On retrouve les mots supprimés dans la version numérique du Grand Robert. L’ouvrage papier n’est plus imprimé, la contrainte de place n’existant pas en format numérique.
C’est une véritable mine d’or pour ceux qui souhaitent découvrir des mots rares ou anciens.
Karine Dijoud
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