En rétorsion à la guerre économique déclarée par la Maison-Blanche il y a quelques jours, l’Iran menace maintenant de s’en prendre au propre fils de Donald Trump, Barron Trump. En misant sur l’asphyxie économique, le président américain a-t-il une chance de mettre à genoux son adversaire ? Ou bien va-t-il le pousser à surenchérir ? La deuxième option semble triompher.
Une vidéo diffusée à la télévision iranienne met à prix la tête du fils de Donald Trump, avec récompense de 100 millions de dollars. Le titre de la vidéo générée par intelligence artificielle est pour le moins explicite « Où et comment tuer Barron Trump ? ».
Elle détaille ses lieux de vie, exactement comme si on voulait le cibler : ses habitudes, ses horaires et tout cela en l’absence de ses gardes du corps. Rappelons que Barron Trump est le cinquième enfant et le troisième fils de Donald Trump.
La vidéo est troublante par son côté pénétrant. Elle fait peur et le but est atteint. Si on se doute que les Iraniens ont peu de chances d’y arriver, ils savent tout de même faire en matière de terrorisme. C’est incontestablement un nouveau franchissement de cran extrêmement significatif, d’autant plus qu’il intervient deux mois après des menaces dont Melania Trump elle-même avait fait l’objet, en juillet dernier dans une vidéo similaire.
Donald Trump menace désormais les alliés de l’Iran
C’est aussi une menace qui vient s’ajouter à celle qui vise l’un des fils de Benyamin Netanyahou, bien qu’on ne sache pas lequel de ses fils puisqu’il en a deux. Ce sont des méthodes terroristes qui se réclament d’une certaine efficacité.
Ces vidéos démontrent que le régime iranien, comme Donald Trump, s’empare de l’outil de communication au-delà de ses frontières et en dépit de l’État de l’asphyxie que subit l’Iran. Ce type de menace traduit un certain désarroi du régime iranien. C’est du terrorisme présenté comme une réplique à ce que les Iraniens eux-mêmes appellent le terrorisme économique. C’est-à-dire la menace de Donald Trump, formulée très clairement comme un « D-Day » économique, en référence au débarquement en Normandie le 6 juin 44.
Donald Trump a exigé de tous ses alliés qu’ils le suivent par ces mots extrêmement clairs : Tout pays qui autorisera ses institutions financières, ses entreprises, ses aéroports ou ses entités gouvernementales à fournir une quelconque bouée de sauvetage à l’Iran s’exposera lui-même à d’énormes conséquences économiques.
Donald Trump et Benyamin Netanyahou face aux prochaines élections
Le but ultime de ce type de déclaration est évidemment le renversement du régime iranien en pariant sur l’exaspération d’un peuple rationné et privé de toute liberté qui pourrait se soulever ou renverser le régime.
Mais, rien n’est moins sûr, sachant que l’Iran détient déjà, avec la Corée du Nord, le record du monde de sanctions depuis 1979. Avec les effets que l’on sait, cela n’a pas empêché l’Iran de poursuivre sa course au nucléaire.
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En réalité, il y a beaucoup de politique intérieure dans ce nouveau tour de vis claironné par Donald Trump. D’une part, l’administration Trump doit absolument tenir compte de l’impopularité croissante des opérations militaires menées contre l’Iran, et elle doit essayer de trouver une échappatoire avant les élections de mi-mandat début novembre, où le parti républicain perdra très vraisemblablement le contrôle de la Chambre des représentants.
De façon plus hypothétique, il pourrait perdre le contrôle du Sénat. D’autre part, des législatives israéliennes se tiendront le 27 octobre, et l’extrême droite israélienne qui soutient Benyamin Netanyahou n’est pas du tout en tête dans les sondages. Dans ce contexte, tenter d’étouffer économiquement l’Iran est la stratégie la plus prudente, la moins coûteuse et la moins engageante. Promettre d’étrangler l’Iran permet de ne pas fixer de date. Cela peut prendre du temps et permettre d’affirmer, sans preuve concrète, que le régime des mollahs est à genoux.
Christian Makarian
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