Langue française : de « ouf  » à « il gère son football », les malentendus linguistiques entre parents et enfants

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Les malentendus linguistiques entre parents et enfants sont bien plus fréquents qu’on ne le croit. On imagine que les faux amis n’existent qu’entre deux langues différentes, comme library en anglais, qui n’est pas une « librairie » mais une « bibliothèque ». Cependant, ces décalages de sens existent aussi au sein même du français, d’une génération à l’autre.

 

Ouf, un mot aux deux sens bien différents

Le mot ouf en est un bon exemple. Pour un parent, il s’agit d’une interjection de soulagement : « Ouf, j’ai eu chaud. » Pour un adolescent ou un jeune adulte, en revanche, c’est devenu un adjectif admiratif. Dire qu’« un film était ouf » signifie qu’il était extraordinaire.

Mortel, un terme dont la signification a glissé au fil du temps pour devenir positif

Le mot mortel a d’ailleurs connu le même sort : il a cessé de désigner la mort pour devenir élogieux, mais il n’a plus vraiment le vent en poupe aujourd’hui.

Être à son prime, une expression empruntée aux Américains

Le mot prime (à prononcer à l’anglo-saxonne, « praïme » NDR) est très prisé des adolescents. Lorsqu’ils disent de quelqu’un qu’« il est à son prime », ils veulent dire qu’il est à son apogée, au sommet de sa forme, irrésistible. L’expression est empruntée au vocabulaire du sport professionnel américain.

Il gère son football, rien à voir avec le sport !

L’expression « il gère son football »  est porteuse de double sens. On pourrait penser qu’il est question de sport, mais ce n’est pas le cas.

Dans la bouche de certains jeunes, elle renvoie à la séduction : dire « il gère son football » désigne une drague exemplaire

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Que conseiller aux parents, de s’adapter ou de renoncer à comprendre ? Il faut continuer à s’amuser de ces trouvailles langagières, souvent éphémères, parfois ingénieuses. Ces phénomènes linguistiques sont fédérateurs chez les adolescents, et nous avons tous employé des mots qui avaient l’air cool pour nous faire accepter. Ce mot revient d’ailleurs dans la bouche des jeunes. C’est donc toujours le même constat : tout cela est un éternel recommencement.

Karine Dijoud

 

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