Langue française : 4 tics de langage qui sabotent vos conversations, à remplacer par ces expressions plus élégantes

iStock

Les tics de langage constituent aujourd’hui un phénomène incontournable. Ces expressions envahissantes entravent trop souvent nos propos. Après avoir déjà passé en revue du coup, en fait, au final, en vrai ou encore en mode, il en reste encore quelques-uns à décortiquer.

1 – « En gros » : une expression à réserver au commerce

Commençons par en gros, que l’on entend notamment lorsqu’il s’agit de résumer quelque chose — par exemple : « En gros, l’entretien ne s’est pas très bien passé. » Or, la locution « en gros » doit normalement s’employer par opposition à « au détail », en particulier dans un contexte commercial. Mieux vaut donc la remplacer par « dans les grandes lignes » ou « pour résumer ».

2 – « Effectivement » : un adverbe correct mais trop souvent galvaudé

Vient ensuite effectivement, adverbe pourtant tout à fait correct, qui devient un tic de langage lorsqu’il est employé de façon trop systématique. S’il est si fréquent, notamment dans les médias, c’est parce qu’il est long à prononcer : il permet ainsi de gagner quelques précieuses dixièmes de seconde pour laisser libre cours à la réflexion. Il reste donc possible de l’utiliser, à condition de l’alterner avec d’autres termes : « absolument », « en effet », « assurément », « bien sûr », ou simplement « oui ».

3 – « De base » et « à la base » : des expressions à bannir chez les adolescents

Que dire ensuite des fameux « de base » et « à la base », que l’on entend énormément chez les adolescents ? Le terme base désigne pourtant le support, le fondement. On dira donc : « À la base de cette statue, on peut observer les inscriptions. » En revanche, on évitera : « De base, je voulais vous présenter un exposé sur Albert Camus, mais au final, j’ai changé de thème. » On lui préférera : « Initialement, je voulais vous présenter cet exposé ; finalement, j’ai changé de thème. »

4 – « Voilà », « bref », « point barre » : conclure sans tomber dans le cliché

Reste enfin la catégorie des tics de langage qui servent à marquer une conclusion : « voilà quoi », « bref » ou encore « point barre ». Le plus fréquent reste « voilà » et toutes ses variantes : « voilà voilà », « bon ben voilà », « voilà quoi », voire le plus fantaisiste « voili voilou ». Son emploi est tout à fait légitime pour conclure — voici introduit, voilà conclut —, à condition qu’il ne soit pas systématique. Pour marquer la fin d’un développement encore en suspens, mieux vaut expliciter : « J’en ai fini sur ce point », ou impliquer son auditoire avec un « Qu’en pensez-vous ? »

A lire aussi

 

Quant à point barre, l’expression est en perte de vitesse. Issue du langage télégraphique, elle signalait à l’origine la fin d’un message. Pour exprimer une conclusion ferme, on lui préférera : « Je n’ai rien à ajouter » ou « Tout a été dit. »

Karine Dijoud

Retrouvez la chronique Et si on parlait français ?