Nous vous proposons de lutter contre ces expressions qui envahissent nos conversations, qui ne servent à rien et qui pourraient même vous porter préjudice lors d’un entretien professionnel. Et si on parlait français ? , chronique de Karine Dijoud diffusée du lundi au vendredi à 7h20 sur Radio Classique vous aide à les remplacer ou les éliminer.
Revenons à l’origine de ces béquilles langagières. L’un des tics les plus courants est certainement « en fait ». Une expression correcte, mais qui doit seulement rectifier une fausse opinion, pas appuyer chaque élément de sa phrase. Si vos enfants l’utilisent sans arrêt, n’hésitez pas à les reprendre systématiquement, pour éviter qu’elle s’installe. Les grands, eux, peuvent tenter de remplacer la formule par « en réalité », plus facile à repérer, et donc à supprimer.
Autre expression agaçante, « du coup », a tendance à envahir nos conversations, et parfois les écrans. Elle s’incruste de plus en plus dans les interviews. Or son sens réel est très limité : on devrait l’employer uniquement quand une chose survient brusquement. Si vous ne parvenez pas à éviter ce tic de langage, vous pouvez dire « de ce fait » ou « par conséquent », c’est bien plus élégant.
Victor Hugo a déjà utilisé « moi je »
« Je te l’apporte, pas de soucis ». Mais pourquoi y aurait-il un souci à rendre un service ? Cette phrase permet d’être plus agréable à l’autre. Profitons-en pour lui dire les choses de façon positive : « oui » ou « je suis d’accord » peuvent facilement remplacer cette locution.
Certains commencent leurs phrases par « moi je ». Une redondance qui, si elle a déjà été employée par Victor Hugo dans La Légende des siècles, doit être évitée au quotidien. Idem pour ses déclinaisons : « nous on » ou « personnellement ». Restons simple et laissons de côté ces formules qui parasitent les conversations.
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Les amoureux du français bondissent aussi à ce dernier tic de langage : « genre ». Quand il est employé, on assiste à une dislocation de la syntaxe, dans laquelle ce mot se transforme en virgule, ou en exclamatif ! A écarter d’urgence…
Béatrice Mouedine
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