Voici un florilège des erreurs les plus courantes entendues à la télévision et à la radio, et surtout, des solutions pour les éviter !
Commençons par la formule « bonjour à vous ». En réalité, il faudrait dire « Bonjour vous », ou « bonjour toi », mais ça sonne étrangement, et donne une connotation trop intime, presque suggestive.
C’est donc à éviter, comme l’adverbe « excessivement », qui est synonyme de « trop ». Il indique par définition ce qui est fait avec excès en dépassant la mesure. On dira par exemple : « il boit excessivement » pour dire qu’il boit trop, mais ce n’est pas un synonyme de « très ». Si on veut parler d’une femme qui est très sympathique, on ne dira pas : « elle est excessivement sympathique », sauf bien sûr si on la trouve obséquieuse. Si c’est juste quelqu’un qu’on trouve sympa, on dira : « elle est extrêmement sympathique ».
Velléitaire signifie « hésitant », et non pas « volontaire » !
Passons au terme « velléitaire », souvent mal employé par les journalistes. Cet adjectif désigne celui qui est incapable de prendre des décisions et de passer aux actes. Il est synonyme de « hésitant » et de « timoré ». Or il est souvent employé par erreur pour parler de quelqu’un de volontaire, qui fait preuve d’une volonté ferme. Celui-là sera en réalité « décidé » ou « opiniâtre ».
« Parler sous le contrôle de » : voilà encore une expression très fréquente. Ce n’est certes pas une erreur de français, mais cette phrase permet à celui qui la prononce de se dédouaner de ses propres affirmations, tout en mettant mal à l’aise celui qui n’était pas au courant qu’on allait parler « sous son contrôle », et qui n’a pas forcément l’envie ou le pouvoir de remettre en question les propos énoncés.
Remplacez « après que » par « une fois que » pour ne plus vous tromper !
Dit-on « après qu’il ait fini son travail » ou « après qu’il a fini son travail » ? « Après que » est suivi de l’indicatif, car cette locution indique une action qui s’est produite. Nous sommes dans le mode du réel et non de l’hypothèse ou du non réalisé. Dans le cas de « avant que », il faut en revanche employer le subjonctif car l’action ne s’est pas encore produite. Par exemple, « avant qu’elle ait révisé ses règles, elle était pétrie d’incertitudes », « après qu’elle s’est plongée dans sa grammaire de référence, elle se sent rassérénée ».
Pour ne plus hésiter, vous pouvez remplacer « après que » par « une fois que », et cela fonctionne à tous les coups : « après qu’ils sont arrivés », « une fois qu’ils sont arrivés ». C’est tout simple, c’est logique.
Un ou une espèce ?
« Un » espèce de débat. Voici une autre erreur courante. Pourquoi vouloir absolument enlever son genre féminin à ce mot ? On ne dit pas « un » sorte de débat ou « une » genre de conférence !
Certes, il est vrai qu’au 18ème siècle on accordait le déterminant avec le complément du nom, mais ce n’est plus le cas aujourd’hui. Cette règle est obsolète donc il faut bien dire « une espèce ».
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Une autre faute de français consiste à dire « des fois » plutôt que « parfois ». En effet, employer cette locution seule est incorrecte. On peut en revanche dire : « il y a eu des fois où elle s’est montrée sympathique ».
Voilà un autre exemple de confusion : dire « supporter » quand on veut parler de soutien. « Les spectateurs étaient nombreux pour supporter leur équipe » : il s’agit ici d’un anglicisme, sauf si on sous-entend que l’équipe était tellement insupportable qu’il fallait se retrouver en masse pour tenir le coup. Sinon il faut employer le mot « soutenir ».
Karine Dijoud
Retrouvez la chronique Et si on parlait français ? Avec l’Académie française