Certaines expressions sont corrigées lors de conversations, alors qu’elles sont tout à fait correctes ! Faisons le point sur trois exemples qui réveillent – à tort – les puristes de la langue française, ceux qui se font plus royalistes que le roi !
Faut-il s’insurger quand on entend la locution « par contre » ? N’en déplaise à certains amoureux de la langue française, cette expression n’a rien d’incorrect. Elle est tout à fait admise à l’oral. Néanmoins, à l’écrit, il faudra lui préférer « en revanche », qui est d’un registre plus soutenu. Je précise toutefois que cette formule ne plaît pas à tout le monde en raison de la présence du mot revanche qui est un synonyme de vengeance.
« Ce midi » est aussi une expression qu’on a tendance à corriger, alors que ce n’est pas nécessaire. D’ailleurs, plusieurs auditeurs qui l’entendent régulièrement dans la bouche de journalistes m’ont demandé de rappeler le fait qu’elle était incorrecte. Pourtant, rien n’est très clair à ce sujet. Même l’Académie française, qui n’est pas la plus laxiste en la matière, assure que « ce midi » est tout à fait acceptable car analogue à ce matin ou à ce soir.
Peut-on dire « troisième » après « second » ?
Midi désigne une heure précise, certes, mais aussi une période du jour, le milieu de la journée entre le matin et le soir, et le mot « midi » est référencé dans les dictionnaires comme un nom masculin. Pourtant, certains insistent sur le fait qu’on ne dit pas « ce minuit », donc il faudrait éviter de dire « ce midi ». Dans ces cas-là, pour ne pas avoir de problème, je vous conseille de dire « où allez-vous déjeuner ? » ou alors « où allez-vous à midi ? »
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Peut-on dire « troisième » après « second » ? Eh bien oui ! Nous avons longtemps cru que « deuxième » était forcément suivi d’un « troisième », tandis que « second » ne devait être suivi de rien. C’est une idée fausse ! D’ailleurs, on parle bien de la classe de seconde qui est entre la troisième et la première. Second est simplement tiré d’un registre de langue plus soutenu.
Karine Dijoud
Retrouvez la chronique Et si on parlait français ? Avec l’Académie française