Saison 2026-2027 de l’Opéra de Paris : les 7 spectacles incontournables à réserver avant qu’il ne soit trop tard

Crédit : Vincent Pontet

Si les abonnements pour la prochaine saison de l’Opéra de Paris sont désormais ouverts, les réservations de spectacles seront possibles autour du 26 mai, et mieux vaut ne pas traîner. Alors autant avoir ses priorités bien en tête avant de se lancer. Et des priorités, la saison 26/27 n’en manque pas : Roméo et Juliette signé Thomas Jolly, le grand festival Wagner pour les 150 ans du Ring, les adieux à la scène de Dorothée Gilbert, la création mondiale tirée du roman de Pierre Lemaitre, ou encore l’hommage à Joséphine Baker.

Ce millésime revêt une dimension toute particulière : il s’agit de la dernière saison entière dans les deux maisons avant de grands travaux de rénovation. Le Palais Garnier fermera sa scène de mi-2027 à mi-2029, l’Opéra Bastille à partir de 2030. Un chantier de 450 millions d’euros qui modernisera les deux sites. Autant de raisons de ne rien rater cette année.

1 – Thomas Jolly met en scène Roméo et Juliette de Gounod

La musique de Charles Gounod, en 1867, a su capturer toute la fièvre amoureuse de la pièce de Shakespeare, autour de deux familles ennemies, une passion impossible et une fin tragique. Composé dans le sillage du triomphe de Faust et créé en pleine Exposition universelle, cet opéra avait immédiatement conquis le public avec ses quatre grands duos d’amour, sa valse enivrante et sa partition débordante de désir.

Pour cette nouvelle production, c’est Thomas Jolly qui prend les rênes de la mise en scène, le même qui avait enflammé la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris en 2024. Fin connaisseur de Shakespeare, il choisit de réintroduire un élément souvent oublié de la pièce originale : l’épidémie de peste qui ravage Vérone. Un choix dramatique fort, qui donne aux personnages une urgence nouvelle : vivre et aimer avant qu’il ne soit trop tard.

2 – Le Ring de Wagner, un festival pour les 150 ans d’un monument

C’est l’événement lyrique de la décennie, peut-être de la génération. À l’occasion du 150e anniversaire de la création de la Tétralogie à Bayreuth en 1876, l’Opéra national de Paris consacre une partie entière de sa saison à L’Anneau du Nibelung de Richard Wagner, dite « le Ring », l’une des œuvres les plus ambitieuses de toute l’histoire de la musique.

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Quatre opéras monumentaux : L’Or du RhinLa WalkyrieSiegfried et Le Crépuscule des dieux. Des dieux, des géants, des nains, un anneau maudit et la fin d’un monde, le Ring est à l’opéra ce que la saga est au cinéma, en plus vertigineux. Le quatrième volet, Le Crépuscule des dieux, sera présenté en octobre à l’Opéra Bastille, avant un festival réunissant les quatre productions en novembre, sur deux fois une semaine. Des conférences et une exposition viendront accompagner ce moment d’exception. Un rendez-vous historique, à la hauteur de l’œuvre.

 

3 – Les adieux bouleversants de Dorothée Gilbert dans L’Histoire de Manon

« Manon est une jeune fille de seize ans, belle, qui aime la vie et qui ne sait résister au plaisir qui passe. Elle est charmante, mais amorale. » C’est par ces mots que le chorégraphe Kenneth MacMillan décrivait lui-même l’héroïne de son ballet, librement inspiré du roman de l’Abbé Prévost. Depuis sa création en 1974 au Royal Opera House de Londres, cette fresque tragique s’est imposée comme l’un des grands classiques du répertoire chorégraphique mondial. Elle entre au répertoire de l’Opéra de Paris en 1990 et n’a pas pris une ride.

Crédit : Svetlana Loboff / Opéra national de Paris

 

L’histoire suit Manon, jeune femme tiraillée entre l’amour sincère de Des Grieux et l’attrait des richesses, des salons dorés de Paris jusqu’aux marécages de Louisiane. Les décors somptueux de Nicholas Georgiadis incarnent visuellement ce déchirement permanent. C’est dans ce cadre exceptionnel, au Palais Garnier, que la danseuse Étoile Dorothée Gilbert fera ses adieux à la scène en octobre prochain. Un moment d’histoire, à ne manquer sous aucun prétexte.

4 – Miroir de nos peines de Pierre Lemaitre adapté pour l’opéra, en création mondiale

Louise, serveuse dans un café parisien. Raoul, déserteur sans foi ni loi. Gabriel, professeur intègre rattrapé par les événements. Et Désiré, personnage insaisissable qui se réinvente en porte-parole officiel, chanteur des rues ou homme d’Église selon les besoins. Qu’ont-ils en commun ? La France de 1940, la Drôle de guerre et la débâcle, vécue de l’intérieur, dans toute sa confusion et sa brutalité.

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Le compositeur Hèctor Parra s’empare du roman Miroir de nos peines de Pierre Lemaitre, (prix Goncourt en 2013 pour Au revoir là-haut), pour en faire une création mondiale, commande exclusive de l’Opéra national de Paris. Sa musique mêle habilement les codes de l’opéra contemporain à ceux de la chanson réaliste des années trente, dans le même registre qu’Edith Piaf ou Fréhel, pour coller au plus près de l’atmosphère de l’époque. La metteuse en scène Mariame Clément ancre le tout dans un cadre réaliste et choral, qui résonne étrangement avec notre présent.

5 – Pour les 120 ans de la naissance de Joséphine Baker, un spectacle signé Peter Sellars

On croit la connaître, mais Joséphine Baker était infiniment plus complexe que l’image que l’histoire a longtemps retenue d’elle. Résistante, militante des droits civiques, mère adoptive de douze enfants de nationalités différentes qu’elle appelait sa « tribu arc-en-ciel » : cette femme a mené plusieurs vies en une seule, avant d’entrer au Panthéon en 2021.

Crédit : Ruth Walz

 

 

À l’occasion du 120e anniversaire de sa naissance, l’Opéra de Paris lui consacre un spectacle singulier, mis en scène par Peter Sellars, figure incontournable du théâtre musical contemporain. Loin de la biographie illustrée, Perle noire plonge dans son monde intérieur, dans ce qui se cachait derrière le sourire. Le compositeur Tyshawn Sorey signe une partition jazzy et habitée, qu’il dirige lui-même sur scène. Une ouverture de saison au Palais Garnier qui promet d’être mémorable.

6 – Pulsations, une soirée de danse entre icônes et création

Une soirée, trois œuvres, une seule certitude : on ne repart pas indemne. Pulsations réunit des pièces qui interrogent le temps, le corps et la disparition, portées par la musique enveloppante de Max Richter.

Au programme : une toute nouvelle création de Lucinda Childs, figure majeure de la danse américaine contemporaine, qui retrouve le Ballet de l’Opéra de Paris 42 ans après sa dernière collaboration avec la maison. À ses côtés, Schmetterling  (« papillon » en allemand) du duo Sol León et Paul Lightfoot, une pièce sur le deuil et l’impermanence, s’ouvrant sur une scène saisissante entre un fils et sa mère mourante. Et enfin, Lamentation (1930), solo culte de la pionnière de la danse moderne Martha Graham : assise sur un banc, la danseuse se débat dans un long tube de tissu, comme si le chagrin lui-même prenait possession de son corps. Trois œuvres d’une intensité rare.

7 – Don Giovanni de Mozart, le séducteur éternel

Qui est vraiment Don Giovanni ? Libertin sans foi ni loi, ou figure tragique d’un homme que rien ne peut arrêter, pas même la mort ? Depuis sa création à Prague en 1787, l’opéra de Mozart, écrit en quelques semaines avec son fidèle librettiste Lorenzo Da Ponte, n’a jamais cessé de fasciner et de résister à toute interprétation définitive. C’est précisément ce mystère qui en fait l’un des chefs-d’œuvre absolus du répertoire lyrique : drôle et sombre, léger et terrifiant, tout à la fois.

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Pour cette production, la metteuse en scène Louisa Proske, qui fait ses débuts à l’Opéra national de Paris, choisit de situer l’action dans un grand hôtel, terrain de jeu idéal pour un séducteur qui transgresse toutes les règles sociales. Un cadre contemporain qui rend l’œuvre immédiatement lisible, sans trahir une seule note de Mozart.

L’Opéra de Paris s’engage depuis longtemps à rendre ses spectacles accessibles au plus grand nombre. Les moins de 28 ans peuvent accéder à des avant-premières à 10 € sur une sélection de productions, une occasion en or pour découvrir l’opéra ou le ballet dans les meilleures conditions. Des places à tarif réduit, à partir de 25 € ou 35 € selon les spectacles, sont également disponibles aux guichets, 30 minutes avant le lever de rideau, pour les jeunes, les demandeurs d’emploi et certains seniors.

Daphnée Cataldo

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