Jonas Kaufmann et Stéphane Lissner : ce que l’on sait de l’enquête pour fraude visant le Teatro San Carlo de Naples

Soeren Stache/DPA/SIPA

Une douzaine de personnes sont citées dans le cadre d’une enquête sur des soupçons de malversations dans la gestion du Teatro San Carlo. Parmi les personnalités faisant l’objet d’investigations, le ténor allemand Jonas Kaufmann et l’ex-surintendant de l’institution napolitaine Stéphane Lissner.

Depuis le début de la semaine, le Teatro San Carlo de Naples fait l’objet d’une enquête menée par La Guardia di Finanza. La police financière italienne, mandatée par le parquet de Naples, enquête sur des infractions présumées relevées dans la gestion de l’ancienne direction de l’institution italienne, portant notamment sur des détournements de fonds publics et de faux contrats. Cette enquête s’intéresse à des faits relevés durant la période pendant laquelle le Teatro San Carlo était dirigé par Stéphane Lissner.

L’enquête porte sur deux volets distincts. Le premier, pour un éventuel conflit d’intérêt dans la nomination en 2023 du metteur en scène Michele Sorrento Mangini, fils de l’ancienne directrice de la Fondation San Carlo Emmanuela Spedaliere, pour développer des initiatives promues par l’Officine San Carlo, centre de création artistique dépendant du Teatro San Carlo. Les enquêteurs ont relevé des mouvements bancaires, virements périodiques, parfois d’un montant considérable, effectués par Emmanuela Spedaliere en faveur de son fils.

Jonas Kaufmann : « J’ai rempli scrupuleusement mes obligations contractuelles »

L’autre volet, plus médiatique, de cette enquête implique une douzaine de personnalités importantes liées artistiquement ou administrativement au Teatro San Carlo dont, pour certaines, les téléphones portables ont été saisis. Il leur est reproché d’avoir autorisé ou d’avoir été rémunérées pour leur participation à des masterclasses et des séminaires qui n’auraient jamais eu lieu.

Parmi elles de grands noms de la scène lyrique tels que le ténor allemand Jonas Kaufmann, la soprano lituanienne Asmik Grigorian ou le metteur en scène polonais Krzysztof Warlikowski. Selon les enquêteurs, des paiements d’un montant total de 212 000 euros auraient été versés aux artistes visés.

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Dans un message, publié sur ses comptes Facebook et Instagram, Jonas Kaufmann a tenu à mettre les choses au point. Le chanteur allemand y précise : « Je suis au courant depuis quelque temps de certaines rumeurs concernant une enquête au Teatro San Carlo. Il me semble normal que l’utilisation des fonds publics soit examinée avec soin. Dans ce cas précis, je suis plutôt surpris de voir mon nom associé à une enquête. Je tiens simplement à préciser que j’ai rempli scrupuleusement mes obligations contractuelles ».

Concernant Stéphane Lissner, surintendant du Teatro San Carlo de 2019 à 2025, qui aurait signé plusieurs documents et contrats concernés par cette enquête, il apparaît que sa signature électronique aurait pu être utilisée frauduleusement à son insu.

Philippe Gault

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