L’Opéra de Paris ressuscite « Ercole amante », œuvre baroque d’une femme compositrice oubliée depuis plus de 300 ans

Crédit : OnP

Un opéra baroque oublié, dédié à Louis XIV et écrit par une compositrice italienne méconnue, Antonia Bembo, va être présenté fin mai/début juin à l’Opéra Bastille. Une première en Europe pour une œuvre dont le seul manuscrit connu a été récemment exhumé à la Bibliothèque nationale de France (BnF).

On parle déjà de consentement dans l’opéra Ercole amante (Hercule amoureux). Hercule tombe amoureux de Iole, la jeune fille que son fils Hyllus souhaite épouser. Iole refuse, et deux déesses viennent prêter leur concours aux différents protagonistes. L’opéra a été composé en 1707 par Antonia Bembo, une musicienne formée par Francesco Cavalli, qui a fui Venise et son mari violent pour se réfugier à la cour de Louis XIV

La Britannique Netia Jones, qui signe la mise en scène de cette production, y a trouvé des résonances contemporaines. « Rien n’est plus moderne qu’une histoire de consentement », remarque-t-elle.

L’opéra, dans lequel chanteront notamment le baryton-basse Andreas Wolf, les soprano Julie Fuchs et Ana Vieira Leite, le ténor Alasdair Kent et le Chœur de chambre de Namur, sera joué du 28 mai au 14 juin à l’Opéra Bastille. À cette occasion, à la tête de son ensemble Cappella Mediterranea, Leonardo García Alarcón fera son retour à l’Opéra de Paris, huit ans après y avoir dirigé avec succès Les Indes Galantes de Jean-Philippe Rameau.

Leonardo García Alarcón : « une pièce absolument extraordinaire »

La Bibliothèque nationale de France possède un manuscrit de cette œuvre, qui est certes une copie de l’original, mais « s’avère être la seule source musicale connue de l’œuvre », indique Mathias Auclair, directeur du département musique de la Bibliothèque nationale de France. Pendant deux siècles, le manuscrit « est passé dans différentes collections privées où manifestement il a été peu vu. Puis il « a été acquis par la BnF en 1935 auprès d’un antiquaire parisien », précise-t-il.

A lire aussi

 

Il faut attendre la thèse d’une musicologue américaine dans les années 1990 pour que la compositrice soit mise en lumière et certaines de ses pièces de musique de chambre jouées.

« L’existence d’Ercule amante est par la suite connue dans le milieu de la musique baroque, sans que la partition le soit », explique Leonardo García Alarcón. « En découvrant le document, je me suis dit qu’une pièce absolument extraordinaire, écrite par une compositrice italienne, jamais mise en scène, devait pouvoir ressusciter aujourd’hui », se remémore-t-il.

Philippe Gault (avec AFP)

Retrouvez l’actualité du Classique