Confronté à une très grave crise financière en raison du conflit au Moyen-Orient, l’Arabie Saoudite a décidé de se retirer de l’accord qu’elle devait signer avec le Metropolitan Opera (Met). Ce contrat d’échange avec le royaume saoudien devait rapporter près de 200 millions de dollars à l’institution new-yorkaise
En janvier, Peter Gelb admettait qu’il y avait « certaines inquiétudes » autour de l’accord de principe que le Met Opera avait conclu en septembre avec L’Arabie Saoudite. Au terme de cet accord, en échange de prestations du Met données chaque hiver pendant cinq ans à l’Opéra Royal de Diriyah à Riyad, à partir de 2028, et de formation sur place de professionnels du secteur lyrique, le royaume saoudien s’engageait à soutenir financièrement le Met pendant huit ans. Le chiffre de 200 millions de dollars de subventions était évoqué.
Le conflit armé engagé depuis le mois de mars au Moyen-Orient n’a fait que confirmer le pressentiment du directeur général du Met qui a indiqué la semaine dernière que les responsables saoudiens, lors d’une visioconférence, ont invoqué les dommages causés à l’économie du pays par la guerre en Iran et le blocus du pétrole transitant par le détroit d’Ormuz pour dénoncer cet accord. « Ils ne réalisent que les projets essentiels et l’accord avec le Met ne fait pas partie de ce qui est essentiel », a déclaré Peter Gelb au New York Times.
Peter Gelb souhaite conclure un accord similaire avec d’autres pays
Même si les conséquences de l’abandon de cet arrangement restent relatives par rapport aux pertes humaines et aux répercussions économiques provoquées par le conflit, cette décision est un sacré coup dur pour le Met confronté à d’importantes difficultés financières depuis quelques années. Selon le New York Times, le Met fait notamment face à un déficit de 30 millions de dollars qu’il doit combler d’ici la fin de l’exercice budgétaire, fin juillet, et potentiellement à des déficits bien plus importants dans les années à venir.
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Outre la mise en vente des deux fresques de Marc Chagall qui ornent ses murs du hall du Lincoln Center le projet, la vente des droits de dénomination du Metropolitan Opera House, la direction du Met a pourtant engagé un plan de réduction drastique de ses dépenses (diminution des rémunérations des plus hauts salaires, suppression de postes, allègement de la programmation…). Par ailleurs, Peter Gelb a annoncé qu’il va tenter de conclure un accord similaire à celui qui a échoué avec l’Arabie Saoudite avec d’autres pays, sans toutefois préciser lesquels.
Saudi Arabia has just backed out on a deal to provide $200M in much-needed funding to @MetOpera.
The reason: Because of the war’s impact on the Saudi economy, they are pulling back on funding commitments.
This is a terrible blow to one of our nation’s great cultural pillars.…
— Mark D. Levine (@MarkLevineNYC) April 23, 2026
La culture n’est pas le seul secteur victime collatérale du conflit au Moyen-Orient. Il y a deux semaines, le fonds souverain saoudien a fait part de son intention de retirer son soutien à LIV Golf, le circuit de golf parallèle lancé il y a quatre ans pour concurrencer le PGA Tour.
À l’heure actuelle, le contrat de coopération culturelle signé entre l’Arabie Saoudite et la Philharmonie de Paris en septembre 2025 n’est pas remis en cause.
Philippe Gault
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