Intéressons-nous à ces expressions mal employées que l’on entend pourtant tous les jours. Une fois pour toutes, mettons-nous d’accord sur l’emploi du verbe associé à la réouverture, s’agissant par exemple de la réouverture de Notre-Dame de Paris. Faut-il dire rouvrir ou réouvrir ?
Commençons d’abord par deux expressions correctes, mais souvent mal utilisées. Quand faut-il employer « sous l’empire » et « sous l’emprise » ? Une auditrice me faisait part de son agacement quand elle entend des journalistes dire « sous l’empire de l’alcool ». Pourtant, c’est bien la tournure correcte.
Quand on veut être précis et puriste en la matière, il faut dire qu’on est sous l’empire d’une substance ou d’un sentiment, et sous l’emprise d’une personne ou d’un groupe. Ainsi on sera sous l’empire de la drogue ou de la colère, mais sous l’emprise de son frère ou d’un groupe sectaire. Le mot emprise a longtemps été condamné par les grammairiens, mais il est aujourd’hui admis. Si vous souhaitez cultiver un langage plus soutenu, vous pouvez lui préférer les mots domination, influence, ou pouvoir. Néanmoins, il n’est aujourd’hui pas incorrect de dire « sous l’emprise de l’alcool ». Les deux formules sont admises.
Quel verbe correspond à « réouverture » ?
Autre question : doit-on dire 57.000 postes de conseillers municipaux, ou 57.000 postes de conseiller municipal ? Inutile de tergiverser, il faut le mettre au pluriel. On n’insiste pas ici sur la fonction, et il n’y a pas de distributif. Un distributif, c’est par exemple « chaque poste de conseiller municipal ». C’est la même chose quand on parle de 4.000 postes de professeurs, on met bien un « s » à professeurs.
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Enfin, doit-on dire « Notre-Dame de Paris réouvre ses portes » ou « Notre-Dame de Paris rouvre ses portes » ? Certes, on parle de réouverture, mais le verbe correspondant est bien rouvrir. Pourquoi ? Parce que les deux mots n’ont pas été formés à la même époque et n’ont pas eu la même formation. Je vous l’accorde, il serait plus logique d’avoir le verbe réouvrir, pourtant, pour l’instant, il n’est pas du tout dans l’usage et il est absent des dictionnaires.
Karine Dijoud
Retrouvez la chronique Et si on parlait français ? Avec l’Académie française