Je vous présente aujourd’hui un florilège de mots rares qui charmeront vos interlocuteurs. Certains sont très poétiques.
Je commence par une phrase magnifique qui m’a émue quand je l’ai entendue : « Aucun mot n’est décevant ». C’est bien sûr Alain Rey qui l’a prononcé, et c’est tout à fait vrai. Chaque mot déploie plusieurs sens et une étymologie précise ou au contraire parfois floue, parfois surprenante, et c’est tout un univers qui s’ouvre à nous.
Connaissez-vous l’éreutophobie ? Il contient « phobie » qui désigne la peur de quelque chose. Et en l’occurrence, c’est un phénomène qui survient sans qu’on puisse l’empêcher. Et plus on y pense, plus c’est incontrôlable. C’est la peur de rougir.
On en reste pantois
Passons à un autre mot très mignon : éventiller. J’ai trouvé ce terme magnifique. Ce verbe rappelle le mot éventail et il y a en effet un rapport de sens. Eventiller, c’est ce que fait l’oiseau qui reste sur place en battant des ailes.
Restons dans le vocabulaire des oiseaux avec le pantoiement. C’est un terme qui est propre à la fauconnerie et il désigne l’asthme des oiseaux de proie. Ça laisse pantois ! Parlons-en justement. J’en profite pour faire resurgir cet adjectif qui n’est pas considéré comme littéraire, mais qu’on emploie finalement peu.
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Il signifie « dont le souffle est coupé par l’émotion ou par la surprise ». Il vient du latin populaire pantasiare : « avoir des visions, rêver ». Puis le sens, une fois de plus, s’est modifié. Il a évolué vers celui de haleter, être oppressé, hors d’haleine. On le retrouve surtout dans une tournure très connue : « Rester pantois » ou « laisser pantois ».
Terminons avec le grisollement : c’est le cri de l’alouette !
Karine Dijoud
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