Langue française : 3 expressions sur lesquelles on se trompe trop souvent

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Parlons de ces expressions mal comprises, et parfois mal orthographiées : bayer aux corneilles, faire long feu, ne pas faire long feu – vous verrez que les deux existent – et faire bonne chère.

On croit souvent qu’il faut écrire « bailler aux corneilles », en s’imaginant un bâillement plus ou moins lié à l’oiseau. Mais dans cette expression, il faut écrire bayer avec un y, qui signifie précisément « rester bouche bée ».  On ne parle pas non plus d’animal. Au 16ème siècle, lorsque cette formule est née, une corneille désignait un objet sans importance. Ainsi, « bayer aux corneilles » désigne le fait de rester la bouche ouverte devant une chose sans intérêt.

Passons à cette expression qui suscite parfois des débats : « faire long feu ». On ne sait pas comment l’utiliser, comment le comprendre. On entend souvent le fait que faire long feu est une expression dont le sens n’est pas correct. En réalité, c’est parce qu’il existe deux locutions différentes !

Faire long feu, un pétard mouillé ?

Il existe « faire long feu » qui désigne un échec. Cela fait référence aux armes à feu que l’on devait charger avant de tirer. Si la poudre était humide, elle mettait trop de temps à se consumer, et elle faisait « long feu » : le coup était raté car le temps écoulé était trop long. Quand vous utilisez « faire long feu », vous pensez à un pétard mouillé.

En revanche, « ne pas faire long feu », que nous employons plus souvent, fait allusion aux feux de paille qui prennent rapidement et qui s’embrasent très vite.

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Venons-en maintenant à une expression qui présente souvent un problème orthographique. Beaucoup de gens pensent qu’il faut écrire « faire bonne chair ». Cela semble assez logique et légitime, et pourtant le mot s’écrit « chère ». Il vient du latin cara qui désigne le visage.

Faire bonne chère, c’est faire bonne figure pour accueillir au mieux ses invités avant de leur offrir un repas copieux !

Karine Dijoud

 

 

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