Sergueï Rachmaninov

(1873-1943) 20ème siècle

Né le 2 avril 1873 près de Novgorod dans une des propriétés de sa respectable famille, « Serioja » connaît une jeunesse paisible, bercée de culture et de musique. Il s’ennuie au Conservatoire de Saint-Pétersbourg, mais ses dons l’autorisent à être pris en main par un professeur de piano de Moscou réputé pour son exigence, Nikolaï Zverev. Il accomplit alors d’immenses progrès et signe déjà son 1er Concerto pour piano (lors de sa création, il n’a pas 19 ans et tient lui-même la partie de soliste), un premier opéra (créé au Bolchoï) ou son fameux Prélude en ut dièse mineur. Déçu par l’échec de sa Première Symphonie, il cesse de composer durant trois ans mais surmonte sa dépression (en partie grâce à l’hypnose) et parvient à écrire son si romantique Concerto pour piano n°2, repris en maintes circonstances, y compris au cinéma (Sept ans de réflexion avec Marilyn Monroe). Il retrouve la voie du succès, tant comme pianiste que pour ses compositions, pour le piano bien sûr – son 3e Concerto qu’il joue à New York sous la direction de Gustav Mahler ! – mais aussi lyriques, symphoniques ou sacrées… Après la révolution russe de 1917, Rachmaninov, vice-président de la Société impériale pour la musique, profite d’un voyage en Suède pour quitter sa terre natale. Il y laisse tous ses biens… et ses souvenirs : « Le monde entier m’est ouvert et j’ai du succès partout. Un seul endroit m’est interdit, et c’est ma patrie ! »

Chaleureusement accueilli aux Etats-Unis, notamment par le légendaire violoniste Fritz Kreisler, il apprécie les moyens de communication modernes, mais reste un musicien enraciné dans le passé. Il alterne séjours en Suisse, qui lui rappelle sa chère Russie, et à Beverly Hills, où il s’éteint le 28 mars 1943, sans se départir de sa nostalgie viscérale : « La musique vient droit du cœur et ne parle qu’au cœur ; elle est Amour ! La sœur de la Musique est la poésie, et sa mère est le chagrin ! »

Francis Drésel, directeur de la programmation musicale de Radio Classique