Hector Berlioz

(1803-1869) Période romantique

Aux côtés de Victor Hugo et d’Eugène Delacroix, Hector Berlioz forme ce que Théophile Gautier a appelé « la trinité de l’art romantique ». On a souvent voulu voir en lui un musicien maudit. C’est oublier qu’à vingt-sept ans, encore peu connu, il obtient que l’Orchestre de la Société des concerts du Conservatoire, le meilleur orchestre français, crée sa Symphonie fantastique, conception d’une originalité folle à tous points de vue. Berlioz ne se répètera d’ailleurs jamais, comme en témoignent ses œuvres suivantes, qu’elles soient inspirées d’un héros de Lord Byron (Harold en Italie, avec alto principal), des amants de son cher Shakespeare (Roméo et Juliette) ou du chef-d’œuvre de Goethe (La Damnation de Faust, sous-titrée « Légende dramatique »). Il a trente-quatre ans lorsque le ministre de l’Intérieur lui commande une Grande Messe des morts en mémoire aux soldats tombés lors de la prise de Constantine. Plus tard, il est élu à l’Institut et élevé au grade d’officier de la Légion d’Honneur.

Berlioz ne conçoit jamais la structure de son œuvre ni l’instrumentation selon des critères académiques mais selon l’effet dramatique ou pittoresque. Pourtant, ce romantique échevelé était à sa manière un classique. Certes, il croyait au progrès en art, se montrait très sévère à l’égard de la musique que nous qualifions aujourd’hui de baroque, mais admirait Gluck et la noblesse de sa déclamation tragique. Son opéra Les Troyens, d’après l’Enéide de Virgile, doit beaucoup à l’auteur d’Alceste. On retrouve ce naturel à la fois débridé et sincère dans son important legs littéraire : il fut le critique musical redouté du Journal des Débats et rédigea de savoureux Mémoires dont l’humour n’est pas la moindre qualité. S’agissant de son legs musical, laissons le dernier mot à César Franck : C’est « une œuvre faite de chefs-d’œuvre ».

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