Alexandre Borodine

(1833-1897) Epoque romantique

« Je suis un musicien du dimanche », avait coutume de lancer ce professeur de chimie à l’Académie militaire de médecine de Saint-Petersbourg. Borodine hésita d’ailleurs un temps entre les carrières de scientifique et de musicien… avant de s’employer à les concilier. En 1856, il sympathise avec un jeune officier qui n’est autre que Modeste Moussorgski, comme lui futur membre de ce que le critique Vladimir Strassov baptisera « Le Groupe des cinq ». Sous son influence, Borodine consacre plus de temps à la musique, même si sa carrière scientifique l’accapare toujours autant. Stylistiquement, il excelle dans un certain orientalisme russe, celui-là même qui fait le charme de ses œuvres les plus connues : le poème symphonique Dans les steppes de l’Asie centrale, la Symphonie n° 2 (que Ravel portait aux nues) ou son opéra Le Prince Igor d’où sont extraites les célèbres Danses polovtsiennes. Orchestrateur et rythmicien de génie, Borodine composait lentement, aussi son catalogue demeure-t-il réduit. Ce colosse réputé pour sa bonté (sa femme et lui recueillaient d’innombrables orphelins et vivaient entourés de dizaines de chats), terrassé par une attaque cardiaque à cinquante-trois ans, laisse plusieurs œuvres inachevées que Rimsky-Korsakov et Glazounov se chargèrent de publier après sa mort.