TOP 5 Gustav Mahler (1860-1911)

Chef d’orchestre réputé, Mahler a peu de temps libre pour composer. D’où un corpus assez restreint, essentiellement dédié aux deux “instruments” qu’ils connait le mieux : l’orchestre et la voix. Découvrez (en bas d’article) notre Top 5 de ses œuvres.

 

Pendant les vacances d’été, Mahler redevient compositeur dans une retraite au bord d’un lac

Si Mahler a toujours voulu être compositeur, il a vite compris qu’il lui fallait un autre métier pour gagner sa vie. Ce sera donc chef d’orchestre. Prague, Leipzig, Budapest : plusieurs postes se succèdent. Sa carrière lui laisse peu de temps libre, et seules les vacances d’été lui permettent vraiment de composer ses symphonies. En 1897, il devient directeur musical de l’Opéra de Vienne. Il a 37 ans. Mais les autorités voient d’un mauvais œil ses origines juives dans une Autriche catholique et souvent antisémite. Mahler se convertit, afin de ne pas laisser passer un poste aussi prestigieux. Il porte l’orchestre à un niveau d’excellence. Cependant les musiciens supportent mal son caractère autoritaire, et Mahler finira par démissionner au bout de 10 ans.

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Sa femme Alma n’aime pas sa musique, mais accepte néanmoins de lui sacrifier ses talents de compositrice

Après des aventures sentimentales compliquées et souvent malheureuses, Mahler tombe amoureux d’Alma Schindler. Fille d’un peintre et d’une cantatrice, la jeune fille a grandi dans le milieu artistique viennois. C’est d’ailleurs grâce à elle que Mahler rencontrera Klimt et Schönberg. Alma se destine elle-même à une carrière d’artiste, douée à la fois pour la peinture et pour la composition. Mais Mahler exige qu’elle renonce, en l’épousant, à ses aspirations de compositrice. Peur de la rivalité ? Alma, très amoureuse, accepte… mais ne le lui pardonnera jamais. Les relations du couple seront toujours très orageuses, et ne s’amélioreront pas après le décès de leur fille aînée en 1907. D’autant que, lorsque survient le drame, Mahler est plongé dans ses Kindertotenlieder sur les poèmes de Rückert, littéralement “Chants des enfants morts”…

 

Mahler n’écrira jamais d’opéra, mais fusionne la voix et l’orchestre dans Le Chant de la Terre

Son expérience de chef lui donne une connaissance phénoménale des possibilités de l’orchestre. Il sait admirablement doser les solos, qui lui permettent de faire ressortir les timbres et de les marier entre eux. Ce qui ne l’empêche pas de manier magistralement les effets de masse. Il aboutit ainsi à des contrastes saisissants entre infime délicatesse et déchaînement de violence. Une musique du sublime, qui ne peut laisser indifférent l’auditeur, et qui dit aussi beaucoup des espoirs et des tempêtes intérieures de son compositeur. La musique militaire entendue enfant – Mahler habitait près d’une caserne – surgit par moment, mais distordue. L’ironie n’est jamais loin chez Mahler, et alterne avec la nostalgie d’un idéal apaisé. Ayant beaucoup dirigé d’opéras, Mahler connaît aussi très bien la voix. Il écrit des lieder, accompagnés par le piano ou par l’orchestre, comme l’avait fait Berlioz avant lui dans Les Nuits d’été. Exception notable dans sa production, le Quatuor pour piano et cordes en un seul mouvement demeure son unique œuvre de musique de chambre.

 

Sixtine de Gournay

 

1) Symphonie n°5, 4ème mouvement “Adagietto” (Lucerne Festival Orchestra, dirigé par Claudio Abbado)

 

2) Symphonie n°1 “Titan”, 3ème mouvement (Orchestre de Paris, dirigé par Christoph Eschenbach)

 

3) Rückertlieder, “Ich bin der Welt abhanden gekommen” (Dietrich Fischer-Dieskau, Berliner Philharmoniker, dir. Karl Böhm)

 

4) Quatuor avec piano (violon Gidon Kremer, alto Tabea Zimmermann, violoncelle Boris Pergamenshchikov, et pian Oleg Maisenberg)

 

5) Le Chant de la Terre, n°1 “Das Trinklied vom Jammer der Erde” (Jonas Kaufmann, Berliner Philharmoniker, Claudio Abbado)

 

 

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