PUCCINI Giacomo – biographie

(1858-1924) Epoque postromantique

Puccini, le compositeur des opéras La Bohème et Tosca, était francophile. Il a puisé ses sources d’inspiration dans la littérature française, profitant de ses nombreux séjours parisiens pour rencontrer les écrivains. Mais installé à Torre del Lago, dans la province de Lucques en Toscane où il est né, Puccini est resté avant tout un italien passionné de musique et d’opéra, amoureux de ses héroïnes dont il scrutait la complexité et magnifiait le destin !

 

Giacomo Puccini en 10 dates :

  • 1858 : Naissance à Lucques
  • 1880 : Conservatoire de Milan
  • 1884 : Le Villi (création) et contrat avec Ricordi
  • 1893 : Manon Lescaut (création)
  • 1896 : La Bohème (création)
  • 1900 : Tosca (création)
  • 1904 : Madame Butterfly (création)
  • 1917 : La Rondine (création)
  • 1918 : Il Trittico (création)
  • 1924 : Turandot (composition),
    mort à Bruxelles

 

Puccini est issu d’une longue lignée de musiciens établis en Toscane

De père en fils, les Puccini sont musiciens, organistes et chefs de choeur. Giacomo se voit réserver le poste d’organiste de la cathédrale de sa ville natale, Lucques en Toscane, après la mort de son père. Il n’a que six ans. Il fait des études musicales et remporte le prix d’orgue. A dix-huit ans il entend Aida de Verdi à Pise et l’effet est décisif : il sera compositeur d’opéra ! En 1880 il est admis au Conservatoire de Milan. A la fin de ses études il participe à un concours de composition, qu’il ne gagne pas, mais l’opéra qu’il a écrit pour l’occasion, Le Villi, est donné avec succès au Teatro dal Verme à Milan. L’éditeur Ricordi fait aussitôt signer à Puccini un contrat, qui lui assurera tout au long de sa carrière une sécurité matérielle confortable. Son deuxième opéra, Edgar, n’est en revanche guère remarqué. Puccini se lance alors dans l’écriture de Manon Lescaut, à partir du roman scandaleux de l’abbé Prévost dont Massenet s’était déjà inspiré quelques années auparavant pour Manon. Ricordi lui donne un librettiste un peu fantasque mais génial, Luigi Illuca, qui l’accompagnera ensuite dans ses principaux opéras. La création de Manon Lescaut à Turin est un grand succès. La carrière de Puccini est lancée.

 

La Bohème et Tosca, deux chefs-d’oeuvre absolus écrits en quelques années

Quarante ans après La Traviata de Verdi, Puccini s’intéresse à l’adaptation théâtrale du roman d’Henry Murger «Scènes de la Vie de Bohème », dont l’héroïne Mimi, comme Violetta, meurt de tuberculose à la fin de l’histoire. La création de La Bohème, également à Turin en 1896 n’est pas immédiatement un triomphe, la critique étant assez hostile. Seule la direction de Toscanini semble trouver grâce à ses yeux. Pourtant La Bohème reste à l’affiche du Teatro Regio, et devient un succès international qui ne se démentira pas au siècle suivant. C’est toujours dans la littérature française que Puccini va puiser pour composer Tosca. En l’occurrence la pièce de Victorien Sardou, qu’il voit à Florence avec Sarah Bernhardt dans le rôle titre. Puccini recentre le drame sur trois personnages qui se déchirent et s’entretuent sur fond de crise politique. La création à Rome en 1900 suscite encore les réserves des critiques mais recueille le succès du public et triomphe rapidement dans les autres villes italiennes, ainsi qu’à Londres, New York, et Buenos Aires. L’accueil à Paris en 1903 est difficile, certains compositeurs français comme Dukas et d’Indy n’appréciant pas une musique trop « facile ». Ravel en revanche est enthousiaste et souligne l’intelligence de l’orchestration.

 


« Quando me’n vo' » de La Bohème (Anna Netrebko, Orchestre Philharmonique de St. Pétersbourg, dir. Yuri Temirkanov)

 

Turandot reste inachevé, interrompu par la mort du compositeur à Bruxelles

La création à La Scala du nouvel opéra de Puccini, Madame Butterfly, est un fiasco… sans doute préparé par l’éditeur rival de Ricordi. Il est aussitôt retiré de l’affiche. Puccini retouche certains passages et trois mois plus tard les représentations à Breccia sont triomphales. Les amours douloureuses de Cio-Cio-San et de Pinkerton seront désormais parmi les plus jouées sur les scènes lyriques. Puccini ne sort pas indemne de cet épisode et traverse une période délicate dans sa vie privée. Après La fianculla del West créée à New York, La Rondine et Il Trittico qui inclut notamment Gianni Schicchi renouent avec un genre comique proche de l’opérette. Puccini consacre ensuite les trois dernières années de sa vie à son projet Turandot inspiré d’une pièce de commedia dell’arte de Carlo Gozzi, déjà transposée à l’opéra sur une musique de Busoni. Mais il est malade. Il part se soigner à Bruxelles où il meurt en novembre 1924 avant d’avoir terminé Turandot. Franco Alfano terminera la partition, qui sera créée à La Scala en 1926.

 

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Philippe Hussenot

 

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