Giacomo Puccini

(1858-1924) 20ème siècle

Né à Lucques, en Toscane, le 22 décembre 1858 au sein d’une famille où se sont succédées quatre générations de musiciens d’église, Giacomo Puccini devient d’abord organiste, et sa première œuvre encore célèbre de nos jours est une Messa di gloria (une messe en fait complète et redécouverte dans les années 50) écrite pour son diplôme de fin d’études, en 1880. Mais quatre ans auparavant, le compositeur a été conquis par l’opéra en assistant à une représentation d’Aïda de Ponchielli, l’auteur de La Gioconda et de sa fameuse Danse des heures.

Après deux ouvrages lyriques aussitôt remarqués, Le Villi et Edgar (dont le sujet n’est pas loin de refléter sa propre vie amoureuse), Puccini connaît un véritable succès avec Manon Lescaut, créé à Turin en 1893. D’une noblesse se situant dans la lignée de Verdi, cette adaptation scénique du roman de l’abbé Prévost diffère radicalement des précédentes, signées Auber puis Massenet. Moins immédiatement accessible, La Bohème (1896) triomphe bientôt grâce à des airs destinés à devenir très populaires, même si des critiques de l’époque lui préfèrent l’opéra de Leoncavallo, également composé à partir des Scènes de la vie de Bohème d’Henri Burger et plus ouvertement vériste. C’est dans Tosca, au tournant du siècle, que le vérisme typique de Puccini se ressent le mieux, la pièce de Victorien Sardou devenant un brûlant drame lyrique, débarrassé d’allusions historico-politiques. Revenant au lyrisme tendre, Madame Butterfly est d’un raffinement orchestral qui témoigne d’une vive admiration pour Debussy. Dis ans s’écoulent avant la création au Metropolitan de New York de La Fanciulla del West, qui déroute tant par ses audaces musicales que par le thème du Far West. Suivent une quasi-opérette, La Rondine, et Le Triptyque constitué de trois chefs-d’œuvre en un acte : Il Tabarro (La Houppelande, tranche de vie violente), Suor Angelica (tragédie sentimentale) et Gianni Schicchi (dont le réalisme bouffe assure le succès). Vient enfin Turandot, dont Puccini ne peut écrire la scène finale avant sa disparition, à Bruxelles en 1924. Franco Alfano et plus récemment (2001) Luciano Berio ont tenté de compléter cette immense fresque légendaire, d’une richesse d’orchestration et d’un lyrisme prodigieux.

Francis Drésel, directeur de la programmation musicale de Radio Classique.