1903, Italie. Par une froide nuit d’hiver, une automobile de la marque Clément-Bayard est retrouvé sur un terrain en friche. Un homme gît un peu plus loin. Un autre, bloqué sous la roue arrière du véhicule, tente de rester conscient malgré la douleur, la fumée et le gaz provoquées par l’accident. Cet homme, se plaisant d’ordinaire à tremper sa plume dans le tragique, est aujourd’hui l’acteur de son propre drame. Son nom : Giacomo Puccini.
Que s’est-il passé ? La Domenica del Corriere, un journal milanais de l’époque, relate les faits : la nuit du 25 février, Giacomo Puccini, accompagné de sa future épouse, Elvira, de leur enfant, Antonio dit « Tonio » et de leur chauffeur, Guido Barsuglia quitte la ville de Lucques en voiture pour Torre del Lago où se trouve la villa du maestro.
Si les premiers kilomètres se déroulent sans encombre, la voiture s’engage dans un virage où des arbres morts abattus quelques jours plutôt obstruent la route. Leur chauffeur Guido les évite de justesse, mais la voiture, flirtant le bord d’un peu trop près, dévale le talus de plusieurs mètres avant de finir sur un terrain en friche.
Puccini est inconscient, la jambe brisée
« Elvira et Tonio, éjectés de la voiture, sont commotionnés mais indemnes ; le chauffeur, jambe cassée, crie de souffrance et l’on retrouve Puccini coincé sous la voiture, inconscient, la jambe brisée. » résume Dominique Amy dans son ouvrage dédié au compositeur. La chance a voulu que la voiture se soit trouvée sur le terrain proche d’un médecin, le Dr Sbragia, qui porta assistance à la famille.
Le lendemain, Puccini fut mis sur un brancard et conduit à Torre del Lago par bateau pour se faire opérer du tibia, qui était fracturé. Une opération qui lui laissera toutefois de sérieuses séquelles, le compositeur devant traîner avec lui un pied boiteux jusqu’à la fin de ses jours.
Passionné d’automobile et de mécanique
Malgré cet accident, Puccini continua de vouer un véritable amour à l’automobile. Il continuera ainsi à sillonner les routes italiennes et européennes à bord de l’une de ses nombreuses voitures qu’il possédera tout au long de sa vie : de Dion-Bouton, Sizaire-Naudin ou Lancia Lambda.
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Conducteur de voitures mais pas seulement ! Il fut également un passionné de mécanique et un fin conseiller en matière de carrosserie, surtout lorsqu’il s’agissait d’aller à la chasse, un autre de ses hobbies : « La carrosserie est une vraie porcherie. Intérieurement elle est belle mais le vernis extérieur se détache » peut-on lire dans une lettre du compositeur adressée à l’une de ses amies proches, Sibyl Seligman.
Clément Serrano
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