S’il y a bien une œuvre régulièrement citée sur le web pour avoir inspiré, de manière évidente, consentie, ou non avouée, un bon nombre de « tubes » issus de la pop culture, c’est bien la Symphonie n°9 dite « Du Nouveau Monde » (1893) d’Antonin Dvorak. La preuve en musique.
1 – Initials B.B. (1968) de Serge Gainsbourg
Il serait difficile de faire l’impasse sur ce classique de la musique pop rock écrite, composée et interprétée par Serge Gainsbourg en 1968. Ultime geste d’amour – et d’adieu – adressée à l’actrice et mannequin Brigitte Bardot qu’il continue d’idolâtrer malgré leur rupture, Gainsbourg reprend littéralement le thème de l’Allegro molto issu du premier mouvement pour en faire le refrain de sa mélodie.
2 – The Shire (2001) tiré de la B.O Le Seigneur des Anneaux : la communauté de l’anneau de Howard Shore
Faite écouter les premières minutes du Largo, le deuxième mouvement de la Symphonie du Nouveau Monde, à une oreille non-mélomane. Demandez-lui à quoi cet air pourrait lui faire penser. Il vous répondra la plupart du temps : la musique du Seigneur des anneaux ! Et plus précisément un leitmotiv bien connu des amateurs de la saga : The Shire.
Dvorak et la Terre du Milieu
Saga cinématographique réalisée par Peter Jackson et adaptée de l’œuvre de Tolkien, Le Seigneur des anneaux puise ses inspirations musicales dans le répertoire symphonique des 19ème et 20ème siècles. Si l’œuvre de Dvorak n’est pas une influence directe de son compositeur, Howard Shore, le Largo semble préfigurer l’ambiance bucolique et mélancolique de la Comté : un peu de grandiose avec l’entrée des cuivres, de l’émerveillement avec les cordes, un solo de cor anglais qui vous emmène dans un imaginaire fait de verts pâturages, accompagné de ce sentiment heureux que l’on éprouve à l’idée de rentrer chez soi après un long voyage. Avouez que l’idée d’un petit clin d’œil au compositeur tchèque est ici plutôt tentante …
3 – Duel of the Fates (1999), tiré de la B.O de Star Wars, épisode I : La Menace fantôme de John Williams
Génie de la synthèse, John Williams a su créer une alchimie parfaite entre la musique hollywoodienne, le jazz et le grand répertoire classique. Au point où la pratique de l’exégèse est devenue un jeu à l’écoute de ses thèmes les plus connus.
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C’est le cas du thème musical de la prélogie Star Wars, Duel of the Fates, dont le motif de l’ostinato des cordes gagnant progressivement l’ensemble de l’orchestre après l’exposition du thème pourrait faire songer, dans sa structure mélodique, aux premières mesures du Scherzo, molto vivace. Un internaute s’est d’ailleurs amusé à rassembler des extraits de ces deux œuvres en une écoute comparée dont nous vous laisserons juge :
4 – The Wizard’s Last Rhymes (2001) de Rhapsody of Fire
Concilier le métal avec la musique symphonique c’est possible ! Le groupe italien Rhapsody of Fire qui s’en est même fait une spécialité : le métal symphonique. Il faut dire que le cofondateur du groupe, Luca Turili, fils de musicien, baignait dans la musique classique dès son plus jeune âge, souhaitant conserver l’esprit et la force des grands airs symphoniques au sein de ses compositions.
Une dimension spectaculaire et héroïque
Avec The Wizard’s Last Rhymes, le groupe reprend à sa manière le dernier mouvement de la Symphonie du Nouveau Monde, l’Allegro con fuoco, en y décuplant sa dimension spectaculaire et héroïque, à coup de chants guerriers et de solos de guitares électriques endiablés :
Clément Serrano
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