Édouard Philippe : Sa stratégie des cartes postales risque de lui coûter cher

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Posts sur les réseaux sociaux, interviews, interventions publiques : ces derniers temps, Édouard Philippe donne régulièrement de ses nouvelles. Personnalité politique préférée des Français, l’ex-Premier ministre fait figure de candidat idéal pour succéder à Emmanuel Macron et récupérer le bloc électoral puissant dont bénéficie le président. Mais une ombre au tableau vient ternir l’image de ce successeur privilégié.

C’est un grand classique de la vie politique que les cartes postales ! Une interview par-ci, une autre par-là, les prises de position d’Édouard Philippe suivent toujours le même modèle : l’ex-Premier ministre manifeste son soutien au gouvernement tout en prenant soin de préciser que c’est bien, mais insuffisant – ce fut le cas sur les retraites comme sur l’immigration –.

Il fait savoir qu’il a déjeuné avec le président pour peser sur le remaniement, poste sur les réseaux sociaux quelques photos de lui avec Claude Chirac en train d’inaugurer l’esplanade Jacques-Chirac au Havre, alors qu’au même moment se tenaient à Paris les états généraux de la droite organisés par Éric Ciotti.

Édouard Philippe rivalise d’ingéniosité pour rester la personnalité politique préférée des Français

Bref, Édouard Philippe a du temps, trop de temps peut-être. Selon les sondages, il est aujourd’hui encore la personnalité politique préférée des Français, mais l’élection est dans quatre ans. Toute la difficulté pour lui est de gérer ce trop-plein de temps. Pour cela il a donc opté pour la très classique stratégie des cartes postales.

Mais, « la stratégie des cartes postales, ça va commencer à coûter cher en timbres » me confiait, cinglante, une ministre exaspérée par le manque de soutien de l’ancien chef du gouvernement au moment où la bataille des retraites battait son plein.

Présidentielle 2027 : Bruno Le Maire est persuadé qu’il ne faut pas partir trop tôt

Il faut cependant faire attention à « l’effet Wauquiez », qui consiste à prendre tellement de distance avec son camp que ce dernier finit par se demander si vous lui êtes toujours fidèle.

Il court également le risque d’apparaître en commentateur de ceux qui sont toujours dans l’action, à l’instar de Bruno Le Maire, qui pourrait être à terme le rival d’Édouard Philippe. Le ministre de l’Économie est convaincu que tous ceux qui partent trop tôt jouent une course qui à la fin n’aura pas lieu, ou plutôt, aura lieu, mais avec d’autres chevaux sur la ligne de départ.

La Macronie cherche les figures qui ne refusent pas la bagarre

Qui réussira à conserver le bloc électoral puissant de 30 % qui n’a jamais manqué à Emmanuel Macron ? Édouard Philippe fait œuvre utile sur le fond lorsqu’il met l’accent sur la maîtrise de la dépense publique ou encore lorsqu’il veut lever les tabous sur l’immigration. Mais, sur la forme, il risque de multiplier les irritants à l’intérieur même d’une majorité qu’il faudra bien finir par rassembler.

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Or, dans ce contexte politique hostile, la macronie cherche les figures qui ne refusent aucune bagarre. Préparer le coup d’après en essayant de s’abîmer le moins possible peut laisser des traces. Lorsqu’il s’agira de monter au front pour lui, certains risquent de se souvenir qu’Édouard Philippe avait hésité à le faire pour eux.

David Doukhan

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