Contre vents et marées, Élisabeth Borne tente de maintenir le cap. Ballotté par les 17 motions de censure dont il a fait l’objet, le gouvernement navigue à vue. Le rejet prononcé ce lundi 12 juin par l’Assemblée nationale a-t-il enfin annoncé le calme après la tempête pour la Première Ministre ?
Après le rejet de cette 17ème motion de censure, Élisabeth Borne pourrait se trouver dans une position favorable. Pourtant, son sort ne dépend pas d’un vote au Parlement, mais de la volonté du Président, laquelle reste incertaine et mystérieuse, ce qui ne veut pas dire que la motion de censure ne comptait pas.
La Première ministre a même fait preuve d’esprit en remerciant la gauche d’avoir démontré pour la dix-septième fois qu’il n’existait pas de majorité alternative dans le pays.
Quant à la signification réelle du vote d’hier, on peut dire qu’il clôt politiquement l’épisode des retraites, que la manifestation du 6 juin avait déjà clos socialement.
Des rumeurs courent sur un remaniement du gouvernement
Il faut accorder le crédit des plus prudents aux rumeurs persistantes et croissantes de remaniement. Comment fonctionnent-elles ? Un ministre, un élu, un conseiller émet une hypothèse à voix haute. Il dit croire savoir qu’Emmanuel Macron veut se séparer de tel ou tel. Cela se retrouve dans un article, lequel est lu par d’autres ministres, d’autres élus, d’autres conseillers qui, pour avoir l’air de connaître les intentions du président, vont répéter ces hypothèses, que l’on va retrouver une nouvelle fois écrites. Et on va dire : « voyez, ça se précise ! ».
C’est ainsi que l’on finit par donner pour certain le départ de Pap Ndiaye ou encore l’arrivée de Julien Denormandie. Ce sera peut-être le cas dans un mois, mais à ce jour personne ne peut se targuer de savoir de manière infaillible ce que fera le président de la République pour Matignon, ni pour la composition du gouvernement.
Le rendez-vous entre Emmanuel Macron et Nicolas Sarkozy, signe annonciateur du remaniement ?
C’est un signe que le président consulte, sonde ses visiteurs, leur demande des scénarios. Ce n’est pas surprenant. Et ce n’est pas une surprise non plus que Nicolas Sarkozy plaide avec insistance en faveur de la nomination à Matignon d’une personnalité venue de droite. Mais, ce n’est pas parce que Nicolas Sarkozy ou quiconque le lui a dit qu’Emmanuel Macron le fera.
Alors, oui on sent que ça pousse. Le patron de Renaissance, Stéphane Séjourné, va tester les siens aussi sur la possibilité d’une alliance avec LR. Mais la réponse semble connue d’avance.
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C’est précisément cet élément qui peut offrir un sursis à Élisabeth Borne. Elle sait que personne à sa place ne pourrait construire une coalition stable. Elle vient de démontrer qu’il n’y avait pas non plus de majorité de substitution.
Elle fait savoir, à Emmanuel Macron le premier, qu’elle est prête à continuer et qu’elle sera capable aussi bien de faire avancer des projets concrets et de tenir le choc des 49.3 qui arriveront inévitablement sur les budgets à l’automne. Endurer et durer, telle est plus que jamais la stratégie Borne.