Déserts médicaux : Le gouvernement est mal à l’aise avec ce sujet crucial

Alain ROBERT/SIPA

Ce lundi, la proposition de loi portée par le député Horizons de Seine-et-Marne Frédéric Valletoux sur les déserts médicaux, est débattue à l’Assemblée nationale. Le texte coercitif, qui prévoit une possible remise en cause de la liberté d’installation des médecins, est jugé insuffisant par un certain nombre de parlementaires. Un millier d’amendements ont été déposés.

Le gouvernement pense que c’est un chiffon rouge qui va mettre les médecins dans la rue, mais dans la majorité, l’idée d’une régulation fait toutefois son chemin.

Ils sont près de 70 députés macronistes à avoir soutenu une proposition de loi, portée par le socialiste Guillaume Garot, pour limiter l’installation des docteurs dans les villes, comme Paris ou Biarritz, où ils sont considérés comme étant en nombre suffisant.

Leur souhait est d’interdire des nouvelles installations dans ces endroits, sauf s’il y a un départ à la retraite. Objectif : pousser les blouses blanches à aller dans les déserts médicaux, en particulier dans le centre du pays. Là où la pénurie est spectaculaire…

Le Rassemblement national ne s’est pas encore positionné clairement sur ces propositions

Or, ces députés vont soutenir dans les prochaines heures (le débat aura lieu après la motion de censure de la Nupes), un amendement qui reprendra cette idée…

La gauche est pour. Une partie de la majorité aussi, on vient de le voir. Les Républicains sont partagés aussi. Quant au Rassemblement National, on ne sait pas trop comment ils vont se positionner.

Bref, les jeux sont ouverts. D’autant que le gouvernement se tient prudemment à distance du débat. Ce qui peut surprendre. « C’est touchy pour nous, compliqué, mieux vaut que cela soit tranché dans le cadre d’une initiative parlementaire », confie un ministre important.

Le texte sur les déserts médicaux a-t-il des chances d’aboutir ?

Le ministre de la Santé François Braun – qu’on dit sur le départ – est opposé à la régulation. Il a fait pression pour que cela ne figure pas dans la proposition de loi du député Frédéric Valletoux, un proche d’Edouard Philippe.

C’est ce texte qui arrive dans l’hémicycle. Mais il sera, donc, on l’a vu, percuté par un amendement transpartisan qui a des chances de faire couler beaucoup d’encre.

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Au-delà de l’équation parlementaire, on voit comment le camp Macron est gêné aux entournures avec le sujet de l’offre de soin. Il est écartelé entre le refus de la coercition et la pression du terrain, entre la défense des professions libérales et le sentiment de relégation des zones rurales.

La plupart des élus, de tous bords, sont submergés de demandes pour qu’on ouvre ici ou là des maisons de santé, qu’on remplace des médecins sur le départ. Une urgence qui pourrait peser plus lourd que la discipline de vote.

Marcelo Wesfreid

 

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