Elisabeth Borne : Contre vents et marées, la Première ministre veut garder le cap

Jacques Witt/SIPA

« Baisser les bras, ce n’est pas dans mon ADN », a assuré Elisabeth Borne dans une longue interview accordée au Figaro ce jeudi. Alors qu’elle présente son plan ruralité, la Première ministre a balayé les rumeurs concernant son éviction de Matignon, en dépit des rumeurs circulant à son sujet et d’un possible remaniement gouvernemental.

Oui, Elisabeth Borne compte se battre pour rester à sa place. « Souhaitez-vous rester à la tête du gouvernement ? » l’interrogent nos confrères du Figaro. Elle répond par un bel exercice de langue de bois : « Je ne suis pas dans le commentaire mais dans l’action. Il y a une feuille de route que je mets en œuvre pour répondre aux questions des Français. Sur le pouvoir d’achat, le plein-emploi, la transition écologique, l’éducation, la santé, la sécurité et la justice, on avance ».

Vous le voyez, elle ne répond pas de but-en-blanc mais préfère dire qu’elle est à sa tâche ; qu’elle liste des sujets qui ont de quoi l’occuper pour les mois à venir. C’est faire comme si la question de son avenir ne se posait pas, nier que le temps n’était pas compté.

Face aux menaces, Elisabeth Borne veut s’inscrire dans la durée

Il serait évidemment surprenant qu’elle dise le contraire. Mais plus que ça : dans cette interview, elle annonce son plan sur la ruralité et fixe ses limites sur la question de l’immigration. Cette interview a été relue à l’Elysée, ce qui veut dire que c’est en connaissance de cause que le palais présidentiel la laisse s’engager aussi loin.

Et se déployer autant aussi, car l’entretien au Figaro s’inscrit dans une séquence médiatique intense commencée dimanche sur France 3 et qui va se poursuivre dans les jours qui viennent.

Le signal est toujours le même : je suis là, et bien là. Et tout ça avec l’aval de l’Elysée. Mardi, nous évoquions les rumeurs. Et la tendance du jour des rumeurs est de dire que le remplacement d’Elisabeth Borne ne serait plus d’actualité avant au moins l’automne et les votes des budgets.

Vers un remaniement politique pour calmer les débats ?

Sur ce point, elle ne fait même pas semblant d’y croire. Elle renvoie la balle aux Républicains en rappelant que c’est eux qui n’ont jamais voulu en parler.

Elle ne cite aucun nom. Concernant Marlène Schiappa, elle s’abrite derrière les procédures en cours sur le fonds Marianne pour dire qu’elle ne s’exprimera pas sur le sujet. La Première ministre va moins loin que dimanche, où elle avait dit que la démission de sa secrétaire d’Etat n’était pas nécessaire.

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Pour le reste, Elisabeth Borne semble valider l’idée qu’il vaut mieux des politiques que des techniciens – elle qui, pourtant, n’était pas une politique en entrant au gouvernement. « Avoir la vision, la capacité à diriger leur administration, à porter des textes au Parlement, à échanger régulièrement avec les députés et les sénateurs : ce sont des qualités plus indispensables que jamais ».

Plusieurs ministres risquent de trembler pour leur avenir. Chacun son tour.

Guillaume Tabard

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