Alors que les rumeurs de remaniement se font de plus en plus insistantes, le ministre de l’Éducation, Pap Ndiaye, est mis sur la sellette. En proie aux controverses sur le séparatisme et l’affaire Lindsay, la place du ministre de l’Éducation au gouvernement est plus que jamais incertaine.
Même en cherchant bien, il est impossible de trouver un défenseur de Pap Ndiaye. Au contraire, il semble faire l’unanimité contre lui. Dès le départ, un poids lourd du gouvernement pointait une incohérence : « le président ne peut pas à la fois avoir prononcé le discours sur le séparatisme et nommer Pap Ndiaye à l’éducation. »
C’est l’attaque la plus répandue : du fait de ses positions sur la laïcité, le ministre de l’Éducation viendrait brouiller le message de l’exécutif sur le sujet du communautarisme, ce qui a le don d’hérisser le poil de toute la droite, alors même que le gouvernement essaie toujours de trouver des passerelles texte par texte avec LR.
Affaire Lindsay : le ministre de l’Éducation en porte-à-faux
Mais ce n’est pas tout : on lui reproche également son absence totale de sens politique, comme l’affaire Lindsay est venu le démontrer la semaine dernière.
Cette collégienne de 13 ans, victime de harcèlement scolaire et en ligne, s’est suicidée. La réaction du ministre, nécessairement en urgence face à l’émotion, s’est malencontreusement révélée brouillonne. Il a reçu la maman de la victime mais elle en est ressortie en se déclarant « perdue, seule, pas aidée », ajoutant qu’elle ne l’avait « pas trouvé sincère ».
Le lendemain c’est la Première dame qui invitait à l’Élysée les parents de Lindsay. À la sortie, la mère de la disparue a dit avoir été « entendue », « écoutée » et « soutenue », encore un camouflet pour Pap Ndiaye. L’universitaire devenu ministre, déjà affaibli par la séquence autour de la mixité sociale à l’école, se retrouve de fait sur le banc de touche.
Élisabeth Borne rattrape le coup en faisant de la lutte contre le harcèlement une priorité
Mardi, lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, c’est la première ministre, Élisabeth Borne, qui a répondu à sa place pour décréter la lutte contre le harcèlement « priorité absolue de la rentrée 2023 », laissant au ministre l’annonce de mesures techniques comme la création d’un « référent harcèlement » dans chaque établissement à partir de la rentrée prochaine.
L’un de ses collègues s’étrangle : « dans ces cas-là, il faut une démarche d’empathie immédiate, c’est ce qu’a fait la Première dame ! À la place de Pap Ndiaye, moi j’aurais fait lire la lettre de Lindsay dans toutes les classes de collèges de France. »
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Un autre pilier du gouvernement avance, sûr de lui, un pronostic : « la seule chose qui pourrait faire qu’il reste au gouvernement après le remaniement, c’est qu’il n’y ait pas de remaniement ».