Les rumeurs insistantes sur le remaniement raniment le clivage gauche-droite dans la majorité

NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Alors que les rumeurs sur le remaniement se font de plus en plus insistantes, les luttes d’influence font rage en Macronie. Les partis de gauche et de droite rivalisent d’ingéniosité pour assurer leur place dans la nouvelle majorité présidentielle.

Ce qui se joue en ce moment n’est ni plus ni moins que l’équilibre politique pour les mois et années à venir du bloc central créé par Emmanuel Macron. Une anecdote révélée dans Le Parisien-Aujourd’hui en France en dit long : une vingtaine de députés Renaissance, tous issus de la droite, ont créé une boucle WhatsApp intitulé « Solféri-No ». Un jeu de mot en référence à l’ancien siège du Parti socialiste.

Ils disent non à tout regain d’influence de la gauche macroniste. En lien avec certains ministres, ces députés mettent tout en œuvre pour que la jambe droite reste la plus forte, voire gagne encore en masse musculaire.

La gauche craint de perdre sa place

De l’autre côté l’aile gauche s’inquiète. Elle bombe le torse en fixant des lignes rouges sur le texte immigration, tout en faisant campagne pour qu’Élisabeth Borne, ancienne des cabinets ministériels socialistes, ne soit pas débarquée de Matignon pour être remplacée par un profil marqué à droite. Quand des courants s’organisent de cette manière au sein d’une majorité, c’est que les tiraillements peuvent laisser place aux confrontations.

C’est la même chose avec les alliés : Horizon, MoDem et Renaissance s’affrontent sur le terrain des investitures pour les sénatoriales de septembre, mais aussi dans la perspective du remaniement. Chacun veille à ce que les équilibres soient bien respectés.

L’enjeu du remaniement : consolider la Macronie

S’il pouvait au moins consolider la majorité jusqu’aux Européennes, ce serait bien. Il reste au mieux deux ans utiles avant le coup d’envoi définitif de la course de chevaux présidentielle. C’est le seul enjeu pour Emmanuel Macron : faire en sorte que son action ne soit pas entravée pendant le temps qui lui reste.

Or, le contexte politique est incroyablement hostile avec une majorité relative à l’Assemblée, des adversaires populistes qui ont fait leur entrée en masse au Parlement, et des vieux partis de gouvernement qui attendent son départ et souhaitent son échec en croyant qu’il leur permettra de sortir de la tombe.

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Dans ces conditions, il lui faut une équipe gouvernementale dans l’esprit des mousquetaires du Roi. Des personnalités loyales, capables de porter le fer politiquement tout en tenant leurs administrations, suffisamment rouées pour passer le mur du son et se faire entendre des Français sur leurs dossiers. Aujourd’hui, ces profils se comptent sur les doigts d’une main, et encore.

Une rumeur a couru hier en Macronie, évoquant un remaniement dès ce week-end avant d’être démentie de toute part. Signe tout de même que chacun sent bien qu’il y a urgence.

David Doukhan

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