Manifestation interdite contre le Lyon-Turin : Emmanuel Macron pousse à la dissolution d’un collectif écologiste

Gonzalo Fuentes/AP/SIPA

Ce samedi 17 juin, en dépit de l’interdiction de la préfecture de Savoie, le collectif écologiste Soulèvements de la Terre, appelle à manifester contre le projet de construction de la ligne ferroviaire Lyon-Turin. Pourtant, le gouvernement continue d’accélérer la procédure de dissolution de ce groupement.

C’était en mars dernier. Après les scènes d’ultra violence à l’encontre des forces de l’ordre aux abords des bassines de Sainte-Soline dans les Deux-Sèvres, Gérald Darmanin avait annoncé à l’Assemblée nationale la décision de dissoudre le groupuscule.

Ses services ont constitué le dossier. Les avocats des Soulèvements de la Terre ont pu, comme le prévoit la procédure, contre-argumenter. La place Beauvau a conclu que la dissolution était bien nécessaire et justifiée.

Gérald Darmanin dénonce des actes d’« écoterroristes »

Pour passer à l’action, il y a plusieurs problèmes. Il faut que la Première ministre inscrive le sujet au menu du Conseil des ministres, ce qui, à ce jour, n’a toujours pas été fait. Les services de Matignon craignent que les bases juridiques soient insuffisantes au motif que les Soulèvements de la Terre ne sont pas, à proprement parler, une association mais un collectif d’associations.

Mais, derrière les arguties juridiques, il y a un désaccord politique. Elisabeth Borne, soutenue par l’aile gauche de la majorité, hésite-t-elle à endosser la responsabilité d’interdire une association écologiste ? On peut s’interroger…

Dimanche dernier, ces « écoterroristes », selon l’expression de Darmanin, ont saccagé des cultures maraîchères expérimentales près de Nantes, dans la plus totale illégalité. Demain, il y a cet appel à manifester dans les Alpes. Les autorités sont inquiètes et craignent la venue de 400 militants violents déterminés à en découdre et venus de toute l’Europe.

Emmanuel Macron est exaspéré par la lenteur de la procédure de dissolution

107 interdictions administratives du territoire ont été prononcées pour faciliter leurs interpellations mais un « scénario Sainte-Soline » n’est pas à exclure. Exaspéré par la lenteur du processus, Emmanuel Macron a demandé mercredi, pendant le conseil, que Matignon accélère sur la dissolution. Il est temps.

Cette écologie de la violence décide arbitrairement qu’elle peut se soustraire à l’Etat de droit. On parle du risque illibéral, mais il existe aussi du côté des Verts. Puisque ceux qui voudraient proposer une transformation raisonnée de nos modes de vie ne sont pas considérés comme des adversaires politiques mais comme des ennemis à abattre.

Les saccages de peintures dans les musées éloignent les Français de la cause écologique

Cette approche qui justifie la violence au nom de l’urgence climatique vitale n’est pas conforme à notre cadre républicain et démocratique. Elle est contre-productive.

Chaque saccage, chaque blocage, chaque policier agressé ou blessé, chaque toile de grand maître aspergée symboliquement de peinture rouge éloigne un peu plus la majorité de nos concitoyens de la cause écologique.

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Les changements de comportements individuels et collectifs se feront parce qu’ils sont compris comme étant dans notre intérêt. Et non parce qu’ils sont imposés par la force.

David Doukhan

 

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