A Marc Bloch, la Patrie reconnaissante… Ce soir à partir de 21h, les cénotaphes (les cercueils vides remplis d’objets symboliques) de Marc Bloch et de son épouse Simone Vidal vont remonter la rue Soufflot avant d’entrer au Panthéon. Pour sa 6ème panthéonisation, Emmanuel Macron honore un intellectuel, historien spécialiste du Moyen-âge, mais aussi un résistant et soldat des deux guerres mondiales.
Suzette Bloch se présente comme l’une des gardiennes de la mémoire familiale : « Je suis extrêmement émue, c’est une 2e vie pour lui », confie-t-elle. Suzette est la fille de Louis, le troisième enfant de Marc et Simone Bloch.
« Mon père parlait jamais de ses parents. C’était une génération de taiseux. [Avec] cette panthéonisation dans laquelle je me suis beaucoup investie, finalement, j’ai retrouvé une certaine intimité avec ces disparus ».
Marc Bloch a été fusillé par la Gestapo le 16 juin 1944
Historien reconnu et ancien poilu, Marc Bloch a 53 ans lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate. Il n’est pas mobilisable, pourtant il part combattre, puis rejoint la résistance. Arrêté et torturé par la Gestapo, il est fusillé près de Lyon le 16 juin 1944. Très malade, son épouse meurt peu après.
« Nous n’avons pas récupéré le corps de ma grand-mère, elle a été hospitalisée d’urgence dans un hôpital lyonnais, elle était entrée sous un faux nom puisque juive », explique Suzette Bloch
Ce seront donc des cénotaphes qui entreront au Panthéon. Suzette Bloch a demandé à ce que soit absente de la cérémonie l’extrême-droite sous toutes ses formes.
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« Marc Bloch était un antifasciste fervent. Comment accepter que les héritiers des Waffen SS qui ont exécuté mon grand-père soient présents ? »
Aucune représentation communautaire non plus, demande la famille.
« Il n’avait foi qu’en une seule chose, la République. Il dit dans son testament : ‘je me revendique juif uniquement dans le cas où je me trouve face à un antisémite.' »
Laurie-Anne Toulemont
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