Contre-offensive ukrainienne : « Pas de risque d’explosion nucléaire » selon le général Trinquand

Office of the President of Ukraine/Cover ImagesCOVER/SIPA

Depuis une semaine, l’armée ukrainienne a lancé, avec le soutien appuyé de l’OTAN, sa contre-offensive. Kiev revendique la reprise de plus de « 100 kilomètres carrés ». Un effort payant qui doit se « poursuivre » pour arriver à déloger la Russie du territoire ukrainien, selon le général Dominique Trinquand, invité des Stars de l’Info sur Radio Classique.

Il faut battre le fer tant qu’il est chaud. La contre-offensive ukrainienne est en cours dans « trois directions », de l’embouchure du fleuve Dniepr jusqu’à la région de Kharkiv en passant par les oblasts de Zaporijia, Donetsk et Lougansk, annexés par l’armée russe depuis septembre 2022.

L’ancien chef de la mission militaire française auprès de l’ONU, le général Dominique Trinquand se réjouit de la réussite de cette deuxième phase, qui fait suite à une « première phase stratégique dite de façonnage de l’espace de bataille visant à tester et identifier les défenses russes ».

L’Ukraine a la capacité de poursuivre son offensive malgré les pertes

Bien que confiant sur l’effort mené par l’état-major ukrainien, le militaire a rappelé que la guerre en Ukraine n’était pas seulement menée par les soldats sur le champ de bataille. Pour gagner les cœurs des populations, le conflit se joue aussi sur le terrain de l’information : « Attention à cette guerre de l’image. Il y a des images et la réalité du terrain ».

Mais la réalité du terrain est difficile à lire. En dépit des avancées de « 3 à 7 kilomètres à l’intérieur du dispositif russe », il règne un « black-out absolu de l’Ukraine, avec souvent 48 heures de retard sur les informations » souligne Dominique Trinquand. Pour ce dernier, les forces de réserve vont jouer un rôle déterminant dans l’issue du combat : « Il faut regarder avec attention où vont se placer les réserves ukrainiennes pour percer le front russe ».

L’OTAN continue de renforcer son soutien militaire à l’Ukraine

En effet, l’armée ukrainienne avance sur le front au prix de « combats acharnés » et « d’une puissante résistance russe, sérieusement préparée depuis un an ». Toujours selon le général, la destruction du barrage de Kakhovka le 6 juin dernier a permis à la Russie « de récupérer des forces parachutistes » et continue de ralentir le déplacement des « blindés ukrainiens ».

« Il y a un objectif politique et un objectif militaire, le premier primant sur le second », explique Dominique Trinquand. Politiquement, libérer Marioupol, port stratégique du Donbass et assiégé par les forces russes, « serait extraordinaire ».

Mais, pour le chef de l’état-major ukrainien, qui peut compter sur « 9.000 soldats engagés », la « destruction de l’armée russe » est un objectif plausible. Pour ce faire, Kiev reçoit un soutien appuyé de la part de l’OTAN, avec un « entraînement au maniement des avions de combat F-16 » et la réception de chars Léopard 2 A4 de la part des Occidentaux. Un véritable « coup de force » qui assure aux Ukrainiens la « maîtrise du ciel », décisive dans le conflit.

« L’utilisation de l’arme nucléaire serait suicidaire pour Poutine »

Rassurant sur l’éventuelle « utilisation de l’arme nucléaire » par Vladimir Poutine – Rafael Grossi, le directeur de l’Agence internationale pour l’énergie atomique a évoqué une « stabilisation de la situation » lors de sa visite à la centrale nucléaire de Zaporijia -, le général a toutefois rappelé le danger de « la dissémination des déchets nucléaires ».

Pour rappel, le président biélorusse Alexandre Loukachenko, « vassal absolu de la Russie », a annoncé la réception des premières armes nucléaires tactiques russes.

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La « visite importante » du Premier ministre chinois Li Qiang en France et en Allemagne du 18 au 23 juin va permettre de « mettre la pression sur la Russie » : « Il faut que les Chinois comprennent que nous irons jusqu’au bout, c’est-à-dire le rétablissement des frontières internationalement reconnues ». En 2014, la Crimée a été annexée par la Russie, suite à un référendum considéré comme illégal au regard du droit international.

Oscar Korbosli

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