La 54ème édition du Salon International de l’Aéronautique et de l’Espace a ouvert ses portes ce lundi 19 juin au Parc des expositions du Bourget, l’occasion de se pencher sur la question épineuse de l’industrie aéronautique. Bien que décriée et vilipendée, l’aviation pourrait donner des ailes à l’industrie française.
Une partie de l’opinion publique a basculé dans l’aviation-bashing. De même qu’on accuse TotalEnergies de tous les maux liés au pétrole, on nous dit aujourd’hui que l’avion est un affreux pollueur, qu’il faut prendre le train, interdire les jets, qu’on ne devrait avoir le droit de prendre l’avion long-courrier que quatre fois dans sa vie. Bref on veut couper les ailes des avions pour sauver la planète.
Cependant, il faut avoir conscience qu’avec le luxe et l’agroalimentaire, l’aéronautique est l’une de nos très rares forces en matière industrielle. L’Allemagne fait de meilleures voitures que nous et Airbus n’est pas que français.
L’aéronautique exporte 80 % de sa production
Or, l’aéronautique est un secteur dans lequel on compte des acteurs tricolores qui sont de vrais champions à l’échelle du globe. Derrière Airbus et Dassault, il y a tout un écosystème de Thales à Safran en passant par nombre de fournisseurs dans le civil comme dans le militaire.
C’est un secteur qui emploie 200.000 personnes, qui cherche à en recruter 25.000 de plus pour des emplois qualifiés, qui réalise un chiffre d’affaires supérieur à 60 milliards d’euros et qui exporte 80 % de sa production.
En France où nous sommes les rois du déficit commercial, voilà un secteur qui affiche un excédent de plus de 20 milliards d’euros et qui peut s’appuyer sur de superbes perspectives de croissances pour des décennies, et dire qu’on voudrait clouer les avions aux sols. C’est de la folie.
Pollution : un progrès constant pour réduire l’émission de gaz à effet de serre
C’est l’homme qui vit et qui a besoin de se déplacer qui pollue. Mais on ne propose pas d’interdire l’homme pour régler le problème. L’avion n’est pas parfait mais d’abord il ne cesse de progresser.
Sans vouloir être qualifié de techno-optimiste, il faut souligner qu’à chaque nouvelle génération d’appareils et de motorisation, on parvient à réduire de 20 à 30 % toutes les formes de pollutions. On aura bientôt des avions hybrides puis électriques ou à hydrogène. On va utiliser des e-carburants sans impact carbone de façon croissante.
Une diabolisation exagérée du transport aérien
En outre, il ne faut pas diaboliser l’avion et encenser tous les autres modes de transport. Un train est aussi polluant. Il faut construire et entretenir une infrastructure massive : il faut des tunnels dont les écolos ne veulent pas non plus, comme l’ont prouvé les manifestations contre le Lyon-Turin ce weekend.
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On peut encadrer le transport aérien, le taxer, le pousser à être plus vertueux, à progresser, mais chercher à le clouer au sol reviendrait à se priver d’un outil indispensable pour développer l’économie, sauver des vies, voyager et partir à la rencontre d’autrui.