Huawei, ZTE : Pourquoi l’Europe veut bannir ces fournisseurs chinois des réseaux européens

Virginia Mayo/AP/SIPA

Les États-Unis ont déjà franchi le pas en novembre 2022, mais l’Europe traîne des pieds pour endiguer le développement des équipementiers télécom chinois. Ceux-ci représentent pourtant une menace à la fois économique et stratégique pour la sécurité intérieure de l’UE.

On peut dire que le ton monte entre Bruxelles et Pékin. Hier, c’est le Commissaire européen Thierry Breton qui a tapé du poing sur la table. Il a été très cash, puisqu’il a annoncé que, pour des raisons de sécurité nationale, il faudrait que tous les pays européens s’inspirent de ceux qui, comme la France, ont déjà décidé de bannir Huawei et ZTE, les équipementiers chinois, de leurs réseaux mobiles 5G.

Pour l’instant la Commission ne dit pas qu’elle va tout interdire demain. Elle dit qu’il faut s’inspirer des bons élèves et si certains mauvais élèves traînent des pieds, la Commission agira.

Ne pas perdre le contrôle en cas de guerre cyber

On dit souvent que la prochaine guerre sera cyber. Celui qui contrôle les réseaux de télécommunications peut faire deux choses. Il peut d’un côté espionner et de l’autre perturber, surveiller passivement, attaquer activement si besoin.

On n’a pas de preuve que Huawei et ZTE sont au service de Pékin, mais technologiquement on sait que c’est possible pour celui qui contrôle les postes d’aiguillages de vérifier ce qui transite sur les réseaux. C’est donc une menace potentielle sérieuse. Mais, la Commission estime que c’est un risque tellement important qu’on ne peut pas le prendre.

Le Made in China est passé du low-cost à des produits plus haut de gamme

Pendant la première phase de la mondialisation, les Occidentaux sont partis produire et vendre en Chine. C’est devenue l’usine du monde. Mais l’usine qui était low cost et exportait des produits peu performants est montée en gamme.

Aujourd’hui, technologiquement la Chine est un rival dans le ferroviaire, l’énergie, les télécoms, l’automobile, l’informatique. On met en avant des questions de sécurité nationale pour se protéger.

Mais, ne soyons pas naïfs, il y a aussi une part de protectionnisme dans nos décisions. On a besoin sur des sujets souverains comme les télécoms de disposer d’industriels domestiques.

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Si on ferme la porte aux Chinois, ce n’est pas uniquement parce qu’on a peur qu’ils nous espionnent, mais aussi parce qu’on se rend compte qu’en s’appuyant sur leur gigantesque marché domestique qui reste souvent fermé, ils peuvent écraser la concurrence.

David Barroux

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