La FIFA veut ouvrir son capital à des investisseurs privés

Harry Langer/DeFodi Images/SIPA

Le président de la FIFA, Gianni Infantino, a annoncé mardi qu’il envisageait d’ouvrir le capital de la FIFA, fédération à but non-lucratif, à des investisseurs privés, afin d’en maximiser les revenus. Cette annonce provoque une nouvelle polémique qui s’ajoute à celles qui ont marqué la Coupe du Monde 2026. 

 

La FIFA, qui organise la Coupe du monde, est une fédération à but non-lucratif, donc en théorie, ils ne peuvent pas ouvrir leur capital à des investisseurs privés car ils deviendraient une entreprise qui doit réaliser des bénéfices pour rémunérer ses actionnaires.

Mais Gianni Infantino qui a plein de riches idées a trouvé la parade. Il propose de créer une filiale détenue en grande partie par la Fifa.

Avec cette filiale, la FIFA récupèrerait 4 milliards de dollars

Cette filiale, valorisée à 20 milliards de dollars, pourrait commencer par céder 20% de son capital à des investisseurs.

La FIFA récupèrerait ainsi un peu plus de 4 milliards. Avec cet argent, Infantino pourrait ainsi redistribuer tout de suite quelques dizaines de millions aux fédérations nationales pour qu’elles développent le football dans leur pays, et la société aurait aussi des moyens pour développer le foot mondial.

On vient déjà de passer la Coupe du Monde de 32 à 48 pays, et on pourrait passer à 64. Il serait possible aussi de lancer de nouvelles compétitions, comme une vraie Coupe du Monde des clubs.

Gianni Infantino se comporte comme un dirigeant totalitaire

Cette idée suscite cependant la polémique. Déjà parce que le football, qui est le sport le plus populaire de la planète, ne manque pas d’argent.

Il y a bien sûr des championnats qui génèrent plus d’argent que d’autres, mais c’est comme en économie, il y a des pays plus riches que d’autres.

Ensuite, parce que le président de la Fifa se comporte comme un dirigeant totalitaire. Il n’y a pas de contre-pouvoirs, pas d’assemblée : une fois élu, il fait un peu ce qu’il veut.

Là il veut imposer une transformation majeure et il n’en a visiblement parlé à aucune des grandes fédérations. Il met tout le monde devant le fait accompli.

Le président de la FIFA veut affaiblir l’Europe

Ensuite il y a un côté clientélisme à la Fifa qui met mal à l’aise. La rumeur, hier, c’était que le président donnait jusqu’au 19 septembre aux fédérations pour approuver ou non son projet qui ne semble pas discutable sur les détails.

Et ceux qui voteront en faveur toucheront des dizaines de millions, tandis que les autres rien ou beaucoup moins.

La Fifa, c’est un peu plus de 200 fédérations. Chaque voix compte et les voix des petits pays ne comptent pas moins que celles des gros pays.

Pour être réélu président l’an prochain pour un nouveau mandat, ce personnage qui avait trahi et planté un couteau dans le dos de Michel Platini quand il était son secrétaire général à l’UEFA donne l’impression de s’acheter des amitiés en distribuant de l’argent.

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Il est clairement en guerre contre les Européens et l’UEFA qui sont les plus riches, les plus forts (6 équipes sur 8 en quart de finale de la Coupe) mais pas les plus puissants.

Son objectif est visiblement d’affaiblir l’Europe et les compétitions européennes en déplaçant les dépenses des diffuseurs vers des compétitions contrôlées par la Fifa.

On va voir s’il arrive à passer en force, ou s’il a poussé le bouchon trop loin. Dans tous les cas, il risque de provoquer une guerre civile dans le football mondial.

David Barroux

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