Alors que les vacances touchent bientôt à leur fin, la rentrée s’annonce compliquée sur le plan économique, notamment en matière de pouvoir d’achat. Romain Gueugneau analyse les tendances pour la deuxième partie de l’année, et elles ne sont pas forcément rassurantes…
L’inflation est repartie à la hausse cet été. En juillet, les prix ont grimpé de 2,1 %, en nette accélération par rapport au mois de juin, et il n’est pas certain que le mouvement ralentisse d’ici la fin de l’été.
Le regain de tensions au Moyen-Orient continue de pousser les prix de l’énergie à la hausse, notamment ceux des carburants. Et l’effet des canicules et de la sécheresse commence à se ressentir sur la liste des courses, avec des produits alimentaires qui coûtent plus cher. Avant les vacances, l’Insee misait sur une inflation de 2 % pour l’année, mais cette prévision est devenue très incertaine.
Les salaires n’arriveront pas à tenir le rythme de l’inflation
Les salaires, quant à eux, avaient plutôt bien tenu puisqu’au deuxième trimestre, le salaire mensuel de base avait même progressé un peu plus vite que l’inflation sur un an. Depuis, la situation a changé et les économistes s’attendent maintenant à une baisse du pouvoir d’achat sur l’ensemble de l’année, car les salaires n’arriveront pas à tenir le rythme de l’inflation.
Surtout que la remontée du chômage ne laisse pas beaucoup de marge de négociation pour les salariés. Au-delà des chiffres officiels, il y a aussi le ressenti des Français qui ont tendance à voir le verre à moitié vide. Sur les trois dernières années, l’écart entre la perception de l’inflation et celle véritablement subie a été multiplié par trois, selon une enquête de la Banque de France. Par conséquent, on se souvient surtout des hausses de prix comme l’essence ou les produits alimentaires, mais on se rappelle beaucoup moins des baisses comme celle de l’électricité.
Quelles pistes d’économies pour le gouvernement ?
Cette baisse de pouvoir d’achat réelle ou ressentie n’est pas une bonne nouvelle pour la consommation. En effet, moins de pouvoir d’achat, cela signifie des dépenses réduites ou bien décalées dans le temps, pour les ménages modestes par exemple. Pour ceux qui sont plus aisés, c’est une invitation à épargner davantage.
En fin de compte, c’est de l’argent qui ne vient pas faire tourner la machine économique. Il faut ajouter à cela une situation toujours aussi compliquée pour les finances publiques.
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Le gouvernement commence à réfléchir à des pistes d’économie pour réduire le déficit l’an prochain. Il s’agit notamment de niches fiscales qui pourraient être rabotées, d’une possible désindexation des retraites par rapport à l’inflation, ou bien de mesures d’économie dans les politiques familiales.
Autant de propositions qui pourraient aussi avoir un impact sur la consommation. Une chose est sûre, les Français risquent d’être très près de leurs sous à la rentrée.
Maeva Mellado
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