Alors que les Français sont nombreux en vacances en train de lire des livres, les maisons d’édition préparent déjà la rentrée littéraire qui, cette année, s’annonce tendue : le marché du livre recule pour la cinquième année consécutive. Rendez-vous incontournable du secteur, la rentrée littéraire représente 10 % du marché de l’édition et met en avant les nouveaux romans.
Avant de se projeter pour la rentrée littéraire, les éditeurs, les libraires et les auteurs font leurs comptes, et les chiffres ne sont pas bons. Sur le premier semestre, le marché de l’édition en France est en recul de 6,2% en volume et de 5,4% en valeur selon NielsenIQ GfK.
Les Français n’ont acheté que 123,6 millions de livres. Ça peut paraître beaucoup deux livres par Français, mais c’est la cinquième année de suite que le marché recule au premier semestre.
L’envie de lire recule, ce qui fragilise l’écosystème littéraire
On pourrait se dire que c’est normal parce que les ventes avaient explosé à la hausse pendant le confinement du Covid. Mais là, on est retombé pour la première fois sous la barre du pré-Covid puisqu’en 2019, plus de 128 millions de livres physiques neufs avaient trouvé preneur entre janvier et juin.
Seul petit réconfort : en valeur, le marché reste encore supérieur de 10 % à la même période sur 2019, notamment grâce à l’inflation.
La rentrée littéraire correspond à 10% du marché de l’édition
La cruelle vérité, c’est que l’envie de lire recule, et c’est inquiétant pour tout l’écosystème. Il n’y a visiblement pas que les jeunes qui ne lisent plus assez.
La rentrée littéraire c’est 10% du marché de l’édition. Le mois de septembre est important, mais pas incontournable en volume.
Cependant, c’est à la rentrée que des titres se dégagent, dont on parle et qui pourront recevoir un prix lors des très nombreux prix de l’automne.
Les Goncourt et les Renaudot, c’est stratégique, on parle de centaines de milliers d’exemplaires écoulés juste avant Noël, qui est le vrai moment à ne pas rater.
Freida McFadden se retrouve encore dans les meilleures ventes
Le marché de l’édition se divise en plusieurs catégories. Il y a des machines à best-sellers, comme Michel Bussi, Amélie Nothomb, Marc Lévy et maintenant l’incontournable Freida McFadden.
Célèbre pour « La Femme de ménage », elle a encore frappé avec « Le dîner » qui est le livre le plus vendu du premier semestre. Elle publie quatre livres par an, et 8 de ses romans sont encore dans le top 15 des livres les plus vendus en France depuis le début de l’année.
Ces auteurs-là n’ont pas vraiment besoin qu’on leur fasse beaucoup de publicité. Leurs livres se vendent presque tout seuls. Il y a ensuite des segments qui vont un peu moins bien qu’avant mais qui ont encore leur public, comme la BD et les mangas.
A lire aussi
La clef, c’est sur la littérature générale : il faut de bonnes critiques, du buzz, du bouche à oreille et si possible des prix pour être mis en avant dans la librairie. En tout, 461 nouveaux romans (français et étrangers) vont, selon Livre Hebdo, tenter leur chance à la rentrée.
Ça peut sembler beaucoup, mais les éditeurs sont devenus beaucoup plus raisonnables qu’avant. On en a eu 484 l’an dernier et on est très loin du pic des 700 nouveautés par an du début des années 2000.
C’est plus dur de trouver des lecteurs, un peu plus dur de se faire éditer mais la bonne nouvelle c’est que c’est un peu moins difficile d’émerger.
David Barroux
Retrouvez tous les articles liés à l’actualité économique