La 113e édition du Tour de France s’est terminée hier sur une nouvelle victoire de Tadej Pogacar, avec le Belge Remco Evenepoel deuxième, le Mexicain Isaac Del Toro en troisième place et le Français Paul Seixas quatrième. Mais sur le plan économique, ce sont surtout les entreprises qui bénéficient de cet événement hautement médiatisé pour augmenter leur notoriété.
Les gagnants du Tour de France sont avant tout les cyclistes : ceux qui gagnent gagnent de l’argent. Pogacar, qui a terminé avec le maillot jaune sur les épaules, a empoché 500.000 euros.
Les autres maillots distinctifs, le vert pour le sprint, le maillot à pois pour le grimpeur, le blanc pour le plus jeune, c’est seulement 20 à 25.000 euros, c’est déjà beaucoup plus modeste.
Après, passée la vingtième position, on n’empoche pas plus de 1.000 euros. Ça ne fait pas beaucoup pour plus de 3.000 km d’efforts et plus de 50.000 mètres de dénivelé positif.
Les vrais gagnants du Tour de France sont les entreprises
Au total, le Tour verse un peu plus de 2 millions et demi d’euros de primes, et la tradition veut que les coureurs qui gagnent mettent leurs primes dans un pot commun pour partager avec le reste de l’équipe.
En effet, le vélo n’est pas un sport individuel : on a besoin d’équipiers, de mécano, de kiné et de chauffeurs.
Le Tour, c’est la vitrine du cyclisme, et si on brille sur cette épreuve, on peut négocier un joli contrat annuel. On estime que Pogacar touche autour de 12 millions par an en primes et salaire.
Mais les vrais gagnants économiques, ce ne sont pas les sportifs mais les entreprises, qui surfent sur la popularité du Tour.
ASO a fait du Tour de France une vraie machine à cash
Déjà il y a Amaury Sport Organisation (ASO), qui a le même propriétaire que le journal L’Equipe. C’est elle qui détient le Tour et qui a fait de ce qui est l’une des plus grandes épreuves sportives détenue par une famille une vraie machine à cash.
Derrière il y a les sponsors. Si LCL, l’ex Crédit Lyonnais, est partenaire du maillot jaune depuis 40 ans c’est parce que le Tour est bon pour leur image et pour mobiliser les équipes en interne.
C’est un événement populaire qui traverse toute la France. Leclerc, qui sponsorise le maillot à pois et qui en distribue des milliers tous les jours, l’a bien compris.
Les entreprises gagnent en visibilité grâce au Tour de France
Comme l’événement est mondial, les sponsors sont aussi de plus en plus internationaux.
Decathlon, qui finance une équipe pro, arrive à doper son image sportive mais aussi à mettre en avant ses vélos haut de gamme Van Rysel, qui ont gagné une étape au sprint pour la première fois.
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CMA CGM, qui est l’autre sponsor de l’équipe de Paul Seixas, a aussi gagné énormément en visibilité. Sur leurs réseaux sociaux corporate, qui ne s’adressent d’habitude qu’aux professionnels de la logistique et du transport, ils ont eu plus de 5 millions de visiteurs.
Le vélo ça ne coûte que quelques dizaines de millions d’euros par an et c’est un sport très visible car c’est l’un des derniers qui soit diffusé gratuitement à la télévision et le nom des équipes est celui de leur sponsor.
Pour les entreprises c’est mieux que le foot, dans lequel les joueurs captent toute la valeur en jouant pour des équipes qui portent le nom de villes.
David Barroux
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