Baisse des récoltes de blé en France : faut-il vraiment s’inquiéter pour notre agriculture ?

Francois Greuez/SIPA

Les chiffres ne sont pas bons pour les récoltes de blé : une récente étude d’Argus Media estime que la récolte de blé française en 2026 ne dépassera pas les 30,8 millions de tonnes. Cette baisse est notamment due aux épisodes caniculaires de ces derniers mois, mais aussi au contexte géopolitique tendu. 

 

La première estimation du ministère de l’Agriculture annonçait la semaine dernière 32 millions de tonnes. On va vers un repli de 3 à 4 % par rapport à 2025. Mais surtout, ce qui est beaucoup plus frappant, c’est qu’on était à 40 millions de tonnes en 2015 et en 2019.

Les raisons de cette baisse sont essentiellement météorologiques. Trop de pluie cet hiver, trop de sécheresse cet été, ce qui impacte les rendements à l’hectare.

Et puis comme les cours mondiaux ne sont pas très bien orientés, on est passé de plus de 400 euros la tonne en 2022, au début de la guerre en Ukraine, à moins de 200 euros aujourd’hui.

Face à la hausse des prix de l’énergie, les agriculteurs ont préféré miser sur autre chose que le blé

En parallèle, le prix des intrants monte : le cours des phytosanitaires et des engrais grimpe quand le pétrole et l’énergie sont plus chers. On a donc un blé qui coûte plus cher à produire et qui rapporte moins, ce qui fait que les agriculteurs ont parfois préféré miser sur autre chose que le blé. En termes de surfaces consacrées au blé en France, on est au quatrième point le plus bas en 20 ans.

Cependant, il ne faut pas trop s’inquiéter de cette baisse. Déjà parce que les marchés des céréales sont cycliques. On a eu deux ou trois bonnes années, là on en a deux ou trois mauvaises.

L’état de l’agriculture française n’est pas alarmant

Ensuite après le record de 40,9 millions de tonnes en 2015, on était tombé à moins de 28 millions de tonnes l’année suivante. En 2024, on était à 26 millions de tonnes, soit moins que ce qu’on va avoir cette année. On n’est pas sur un déclin structurel irrémédiable mais sur une tendance pas très bonne.

Mais il faut rester vigilants parce que la France a déjà perdu une bonne partie de son industrie et il ne faudrait pas qu’elle perde son agriculture, qui souffre mais qui reste forte et qui dispose de sacrés atouts.

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L’aléa climatique frappe tout le monde, mais on ne doit pas tirer une balle dans le pied de nos agriculteurs. Les fermes sont des entreprises, les prix sont mondiaux, nous n’avons pas de marges dessus. Il faut donc que la France soit compétitive, qu’on ne nous assomme pas avec dix fois plus de normes que nos concurrents immédiats.

Il faut se mobiliser pour préserver les céréales

Il faut une stratégie, des priorités, des investissements. Sur l’eau par exemple, la France n’en manque pas mais elle n’est pas forcément aux bonnes quantités, au bon endroit, au bon moment. Il nous faut une stratégie sur l’eau qui soit pragmatique et pas dogmatique comme c’est trop souvent le cas chez nous, et on vient de le voir lors du débat sur la loi d’urgence agricole.

Si on se mobilise, on peut accomplir de grandes choses. Notre balance commerciale agricole est un point fort historique et cela repose sur les produits laitiers, l’alcool et les céréales. Il faut donc qu’on se batte pour cette filière.

 

David Barroux

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