Alors que les déficits s’accumulent, le site Sattelifacts a révélé hier qu’un vaste plan de départs volontaires pourrait être lancé prochainement chez France Télévisions. Le ministère de la Culture a demandé au premier groupe audiovisuel français de faire 150 millions d’euros d’économies cette année.
Le groupe d’audiovisuel public envisagerait de mettre en place un vaste plan de départs volontaires. « Il ne peut y avoir aucun tabou » avait reconnu la présidente de France Télévisions dans une interview aux Echos en novembre 2025. Il pourrait concerner 1 000 équivalents temps pleins, cela représente un peu plus de 11 % des effectifs du groupe.
C’est beaucoup, mais c’est faisable, en raison de la pyramide des âges, selon Sattelifacts. France Télévisions compterait au moins 3 100 salariés ayant plus de 55 ans, dont près de 200 ont plus de 65 ans et plus de 1 100 entre 60 et 64 ans.
Le problème, c’est que l’on parle d’un plan de départs volontaires, et qu’il va falloir être persuasif pour pousser vers la porte des salariés qui ont vu récemment l’âge de la retraite à taux plein s’éloigner. Même si la direction semble persuadée que les volontaires ne devraient pas manquer.
France Télévisions ne veut pas diminuer ses programmes
Il ne vous a sans doute pas échappé que les comptes de l’Etat ne sont pas bons : les déficits s’accumulent et tout le monde ou presque est appelé à écoper.
C’est aussi le cas de France Télévisions. Son ministère de tutelle lui a demandé de trouver 150 millions d’euros d’économies cette année. Pas simple, d’autant que le marché de la publicité à la télévision est en berne, pour toutes les chaînes.
Mais l’idée de la direction est de réduire les effectifs, pour ne pas avoir à trop tailler dans les programmes et surtout dans la création, comme le proposait le ministère de la Culture. Grâce à ce plan de réduction des effectifs, France Télévisions pourrait économiser entre 70 et 80 millions d’euros chaque année, à partir de 2028.
On reproche au groupe audiovisuel d’avoir des dépenses trop élevées
C’est aussi un dossier devenu très politique. Delphine Ernotte est sous pression, surtout après le spectacle de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, dont le président a tiré à boulet rouge sur la gestion du service public et sur les dépenses jugées somptuaires, notamment lors du festival de Cannes en 2023.
En attendant, Delphine Ernotte, reconduite à son poste en mai 2025, met en avant son bilan et le chemin déjà parcouru. Devant la commission, elle a assuré que France Télévisions « coûte » aux Français 500 millions de moins qu’à son arrivée.
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Dans Les Echos, elle a aussi rappelé les réductions d’effectifs déjà réalisées. En 2015, il y avait 10 000 salariés à France Télévisions, contre 8 700 actuellement. Demain, il pourrait donc y en avoir 1 000 de moins.
Mais ce sera au premier ministre de trancher entre le plan proposé par France Télévisions et celui avancé par la ministre de la Culture. Avec l’espoir que la question de la privatisation de l’audiovisuel public, un des thèmes favoris du RN, ne revienne pas s’immiscer dans la campagne présidentielle.
Pierrick Fay
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