Si la cinquième vague de canicule touche à sa fin, l’été tourne au cauchemar pour les agriculteurs. Dans un contexte déjà tendu depuis le mois de juin, la sécheresse s’ajoute à la chaleur et les pertes sont importantes. Thierry Pouch, chef économiste aux Chambres d’agriculture France, est l’invité de Radio Classique, il lance l’idée d’une contribution des Français pour soutenir le monde agricole.
La « situation est catastrophique » pour les agriculteurs. Les pertes de production et de rendement enregistrées sont « très mauvaises ». Thierry Pouch note que la période actuelle est unique par son originalité : si auparavant certaines régions échappaient aux épisodes climatiques, ce n’est désormais plus le cas.
Tous les départements et toutes les régions ont été touchés, de même que les productions de blé, d’oléagineux, de fruits, de légumes, et les filières laitières et animales. Le rédacteur en chef de la revue Paysans et Société rappelle par ailleurs que les céréaliers ne vivent plus aussi bien qu’avant, lorsqu’ils bénéficiaient des aides de la Politique agricole commune (PAC). Avec une accumulation de chocs depuis quelques années, c’est « un panorama assez noir » qui se profile.
Les Français prêts à payer plus cher leur alimentation ?
Pour le chef économiste aux Chambres d’agriculture France, il est nécessaire de réfléchir à des mesures à très court terme pour renflouer financièrement les trésoreries, mais aussi à une politique qui s’inscrit sur le long terme. Il évoque notamment le principe d’une « contribution des citoyens » qui consisterait à maintenir et à relancer la production agricole sur un an, à condition que les Français soient prêts à payer plus cher leur alimentation.
Thierry Pouch déplore que nous soyons entrés dans une période « où il s’agit de répondre au coup par coup à des situations d’urgence » au lieu de définir une priorité pour le pays, comme cela avait été le cas à la fin des années 50 avec l’objectif de produire et de nourrir toute la population à un coût raisonnable. Il ajoute que face aux aléas climatiques et aux épisodes sanitaires, « n’importe quelle agriculture, dans n’importe quel pays, a besoin de soutien public ». Par conséquent, il est important que « l’État français et la Commission européenne puissent reconsidérer le logiciel sur lequel fonctionne aujourd’hui l’agriculture ». Pour lui, la nouvelle réforme de la PAC en 2028 sera une échéance « absolument décisive ».
La voie de la modernisation est toujours possible
L’invité de Charles Bonnaire conclut en affirmant que les agriculteurs « ont besoin d’être accompagnés dans leur adaptation et dans leur changement de pratiques ».
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Et d’ajouter que « si on est parvenu après la Seconde Guerre mondiale à propulser l’agriculture sur la voie de la modernisation, il n’y a pas de raison qu’aujourd’hui on n’y parvienne pas », soulignant que notre époque bénéficie de suffisamment d’ingénieurs et d’une amélioration du niveau de formation des agriculteurs.
Maeva Mellado
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