La célèbre Gariguette, la fraise française la plus connue, pourrait disparaître. Selon Les Echos, l’entretien nécessaire pour maintenir son appellation n’est plus assuré.
Pour bénéficier d’une appellation, il faut protéger le génome à ses débuts et s’assurer tous les ans que les semences sont conformes au cahier des charges. C’est un peu comme un brevet qu’il faut maintenir et inscrire sur une liste officielle. Au bout d’une vingtaine d’années, le brevet tombe dans le domaine public. On peut prolonger sa durée de vie, mais pour cela, il faut continuer de surveiller le génome et les semences.
Voici ce qui pose problème. Les 20 première années, les utilisateurs du brevet versent des royalties : il y a des recettes en face des dépenses. Mais ensuite, ces recettes disparaissent : si personne ne surveille les semences, la variété peut disparaître car elle n’est plus certifiée.
Un double risque pour la filière française
C’est ce qui menace aujourd’hui notre succulente fraise gariguette. Elle a presque 50 ans et aujourd’hui plus personne en France n’entretient sérieusement cette flamme. La Gariguette est encore inscrite sur la liste des variétés reconnues à l’échelle européenne mais la filière française est face à un double risque. Le premier, c’est que plus personne ne défende même à l’échelle européenne cette variété qui finirait par disparaître. La seconde, ce serait que d’autres pays profitent de notre faiblesse pour se lancer à leur tour massivement dans de la Gariguette « made in ailleurs qu’en France ».
Or cette variété, qui est la plus précoce des fraises, est la préférée des Français. Elle est meilleure que bien des fraises plus grosses et moins sucrées produites chez nos voisins, et elle est vendue plus chère. C’est le symbole de notre agriculture, qui pour amortir des coûts plus élevés et des conditions climatiques parfois moins favorables que dans le sud de l’Europe, joue la carte de la qualité plus que de la quantité.
A lire aussi
Si demain l’Espagne se mettait à fond sur la Gariguette cela affaiblirait notre agriculture. On sait déjà que le melon des Charentes qui n’est plus protégé est désormais produit en Espagne ou au Maroc… Il ne faudrait pas que notre star des fraises subisse le même sort. Et si la Gariguette disparaissait purement et simplement, cela affaiblirait notre offre. Il nous resterait la Mara des Bois, la Charlotte ou la Ciflorette. Mais nous aurions une corde de moins à notre arc agricole.
David Barroux
Retrouvez tous les articles liés à l’actualité économique
Ikea teste la vente en ligne de ses meubles d’occasion dans deux pays
Rentrée scolaire : « Être très agressif commercialement », la stratégie de la grande distribution
Des taux immobiliers qui baissent mais des prix qui grimpent, le cercle vicieux français
Où sont passés les bébés ? La chute de la démographie en France se confirme