Ikea teste la vente en ligne de ses meubles d’occasion dans deux pays

Sebastien SALOM-GOMIS/SIPA

Le géant suédois vient de lancer une plateforme de seconde main à Oslo et Madrid. L’objectif d’Ikea, numéro 1 du meuble, est de multiplier ces marketplaces dans tous les pays où il est présent. Ikea ne sert que d’intermédiaire. Le groupe met en relation vendeurs et acheteurs, anime le site mais ne s’occupe pas de la livraison.

Si Ikea se lance sur ce segment de marché, c’est qu’il existe ! Sur les sites comme Leboncoin ou eBay, à la rubrique « meubles d’occasion », ce sont souvent ses produits qui sont les plus proposés et les plus demandés. C’est aussi une manière pour le Suédois de maintenir un lien avec ses clients. Il y a un petit risque d’image et d’auto-cannibalisation : il ne va pas offrir de garantie, et en cas de problème on lui adressera peut-être des reproches, sans compter que cela pourrait peser sur les ventes du neuf.

Mais la vérité c’est que le marché existe déjà et qu’il vaut mieux s’en saisir. Ikea a priori ne prendra pas de commission sur les ventes mais il propose d’offrir un bonus de 15% aux vendeurs qui accepteraient d’être payés en bons d’achat Ikea. Cela peut contribuer à faire revenir des clients en magasin.

Sur un segment de marché totalement différent, celui des montres de luxe, Rolex cherche lui aussi à devenir le champion de la Rolex d’occasion en ayant des boutiques et du ecommerce. C’est une manière de contrôler son marché et ses clients même si dans le cas de Rolex c’est aussi parce que les occasions peuvent valoir davantage que les montres neuves… ce qui ne sera sans doute pas le cas chez Ikea.

Ikea a souvent brisé les tabous pour faire évoluer sa stratégie

C’est une démarché risquée, mais quand on est numéro un, il faut bien faire évoluer sa stratégie pour continuer de croître sur un marché en faible croissance. Ikea peut toujours continuer d’ouvrir plus de boutiques traditionnelles dans plus de pays. Mais depuis des années, le Suédois a aussi brisé les tabous pour faire évoluer sa stratégie.

Avant, Ikea n’était qu’un modèle. On fait venir le client en grande banlieue, on le laisse se servir presque tout seul dans les entrepôts, il rapporte chez lui et il monte ses meubles. En contrepartie, ce n’est pas cher.

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Aujourd’hui Ikea propose des boutiques plus petites en centre-ville, fait du ecommerce, on peut se faire livrer, payer une option pour qu’on monte vos meubles. La marque estime qu’elle est assez forte pour prendre des risques.

À mon avis le principal risque sur le marché de l’occasion n’est pas pour Ikea, il est pour les vendeurs et les acheteurs. Parce que monter une Billy ce n’est déjà pas très simple, mais si pour transporter les meubles il faut les démonter et les remonter sans le plan, on n’est pas sorti de l’auberge ! On aura acheté un meuble mais aussi parfois un puzzle dont il pourrait bien manquer des pièces…

David Barroux

 

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