Le journal Les Echos a publié ce mois-ci son traditionnel baromètre mensuel Se Loger-Meilleurs Agents. Les chiffres publiés sont inquiétants pour une raison simple : ils confirment que les prix ont déjà commencé à remonter.
Depuis le début de l’année, les prix ont déjà rebondi d’un modeste mais réel +0,8% à l’échelle nationale. Dans les 50 plus grandes villes de France, la remontada est même plus prononcée, à +1,9%. Certes dans Paris le mètre carré est en recul de 5,7% sur douze mois. Mais ce repli concerne davantage les grandes surfaces que les petites, pour lesquelles les prix sont déjà repartis à la hausse.
C’est inquiétant. Pour qu’un marché se porte bien, il faut que l’offre puisse rencontrer une demande. Sur le marché du logement, cela veut dire qu’il faut à la fois des vendeurs réalistes et des acheteurs solvables qui puissent tomber d’accord sur un prix. Il faut aussi que les conditions soient réunies pour que les promoteurs immobiliers puissent livrer de nouvelles maisons ou de nouveaux immeubles.
Le prêt immobilier à 1%, c’est fini
Et aujourd’hui ce n’est pas le cas pour une raison relativement simple. On est passé d’un environnement de taux bas à un monde dans lequel les taux d’intérêts auxquels empruntent les ménages ont flambé. Le prêt à 1%, c’est fini. On était passé au-dessus de 4%. Aujourd’hui cela recommence à descendre pour les prêts à 20 ans. C’est important parce que quand le coût du crédit baisse, cela redonne un peu de pouvoir d’achat aux ménages. On peut acheter ou on peut acheter plus grand. C’est de nature à relancer la demande. Mais pour que la demande soit solide, il faudrait que les prix baissent plus nettement pour compenser la hausse réelle des coûts du crédit. On en est très loin et si, dès que les taux baissent un peu, les prix remontent, cela va geler un marché sur lequel le nombre de transactions a déjà chuté de plus de 20%.
A lire aussi
C’est grave, parce que la crise immobilière signifie que les Français vont avoir du mal à se loger. Ensuite, que cela va avoir un impact macro-économique négatif. Quand l’immobilier va, tout va. Quand l’immobilier ne va pas, on vend moins d’équipement pour la maison, on fait moins de travaux d’aménagement, on construit moins et les communes qui remplissent leurs caisses avec les fameux droits de mutation vont souffrir. Tout cela pèse sur l’activité et on estime que plus de 150.000 emplois sont directement menacés. En Grande-Bretagne, le nouveau gouvernement a décidé d’un vaste plan de relance immobilier. En France, vous le savez, pour l’instant on n’a même pas de vrai gouvernement mais on a une vraie crise immobilière.
David Barroux
Retrouvez tous les articles liés à l’actualité économique
Où sont passés les bébés ? La chute de la démographie en France se confirme
ChatGPT : Des premiers doutes sur le potentiel de l’IA générative
Les producteurs de foie gras dépriment au sortir de la crise de la grippe aviaire
Tour de France : L’Arabie Saoudite veut concurrencer la plus grande course cycliste du monde !