La crise de l’immobilier nuit aussi aux banques. Si les Français achètent moins, ils s’endettent moins, ils remboursent moins et donc cela génère moins d’activité pour les banques, qui, depuis des années, ont fait du crédit immobilier un produit d’appel. C’est comme ça que l’on pousse un client à changer de banque.
Les banquiers réunis au sein de leur fédération bancaire sont un train de pousser une idée qui consiste à séparer le foncier du bâti. La banque reste propriétaire d’un terrain qui coûte cher, le particulier lui est seulement propriétaire de la maison ou de l’appartement. L’avantage, c’est que cela permet de faire baisser les coûts d’acquisition de 20 à 40%. Cela pourrait selon les banques contribuer à resolvabiliser beaucoup d’acheteurs et donc à débloquer un marché qui s’est grippé avec la hausse des taux qui a renchéri le coût des emprunts.
Ce système existe déjà en Angleterre. Plus de 5 millions de logements sont concernés, la plupart situés dans le coeur de Londres. Les acheteurs sont propriétaires de leur bien, mais bénéficient d’un bail qui dure de 90 à 120 ans. C’est un héritage quasi médiéval qui n’a pas empêché les prix de flamber.
Faut-il étendre le bail réel solidaire ?
En France on a aussi testé le mécanisme depuis 2017 dans le cadre du BRS, le bail réel solidaire. C’est une mesure qui ne s’adresse en fait qu’à des ménages relativement modestes et cela ne concerne qu’un millier de logements par an. Pour relancer l’immobilier, il faut aller beaucoup plus loin en ouvrant l’offre à d’autres acheteurs potentiels dans des fourchettes de prix plus larges. Cette proposition pourrait séduire les ménages, mais pas forcément à grande échelle.
Pour les banques, ça peut être avantageux. Au-delà du remboursement du crédit, elles pourraient aussi toucher un loyer pour le terrain et conserver une plus-value potentielle si celui-ci prend de la valeur.
A lire aussi
Grâce à ce dispositif, les ménages moins aisés pourraient acheter un bien, même s’ils ne sont que « demi-propriétaires ». Il faut payer un loyer, accepter de se priver d’une part de plus-value potentielle et il faut sur la durée avoir l’assurance que les intérêts resteront alignés avec ceux du propriétaire du foncier. Il n’y a pas de miracle à attendre, ça ne peut être qu’une solution de complément.
Retrouvez tous les articles liés à l’actualité économique