Les ventes de crémant battent des records

Liz Hafalia/AP/SIPA

Dans l’ombre, et sans qu’on n’y prête attention, le crémant français a marqué des points sur le marché des vins effervescents. L’an dernier, ses ventes ont battu un nouveau record avec un bond de 5,7% du nombre de bouteilles vendues.

Comment s’explique cette progression des ventes de crémant ? C’est un cocktail mariant la qualité qui progresse, les goûts qui évoluent et enfin incontestablement le prix de vente. Avec la crise du vin, certains vignerons ont mis l’accent sur ce segment de marché en croissance en faisant attention au produit, ce qui a amélioré sa qualité.

S’agissant du goût, il est sûr que le marché du vin est moins porteur, mais celui du rosé et des cocktails ont le vent en poupe. Et le Spritz a tiré la demande pour les vins pétillants. Le cava espagnol en profite aussi.

La croissance des crémants pourraient se poursuivre

Mais l’argument massue, c’est effectivement le prix. Quand le champagne grimpe à cause de l’inflation, que le cava a du mal à suivre à cause des sécheresses en Espagne, il y a un espace pour notre crémant qui est proposé entre 10 et 20 euros la bouteille contre entre 25 et 50 pour le champagne.

Et la croissance pourrait se poursuivre. En France – comme à l’étranger car la moitié de la production est déjà exportée – sur les cinq dernières années, les bulles italiennes se sont envolées de 36% pour atteindre plus de 663 millions de bouteilles. C’est deux fois plus que le champagne.

Mettre en avant les cépages français

Dans le même temps, le crémant n’a progressé que de 20% à 108 millions de bouteilles. C’est moins à la fois en croissance et en volume total. Il y a donc une vraie marge de progression, surtout que les vignerons peuvent jouer sur l’image de marque de la France et de nos grandes régions viticoles qui produisent toutes du crémant.

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Comme dans les vins dits tranquilles, on peut mettre en avant nos cépages. Mais la concurrence est rude et l’expérience réussie du rosé ou du Spritz ou du champagne depuis des années démontre qu’il faut accompagner le succès. Il faut que certains tirent les ventes via un marketing efficace. La faiblesse du crémant français se tient peut-être là, même si on a une fédération nationale des producteurs de crémants, il nous faudrait aussi une locomotive qui cherche à tirer les ventes.

David Barroux

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