Voitures électriques : Cette fois, la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine est déclarée

CHINE NOUVELLE/SIPA

Washington doit annoncer aujourd’hui le quadruplement des droits de douane sur les voitures électriques chinoises importées aux Etats-Unis. Le signe que la guerre commerciale entre les deux superpuissances économiques est déclarée.

Cette mesure devrait aussi concerner les batteries, les équipements pour panneaux solaires et les minerais rares. En pleine campagne présidentielle, Joe Biden entend clairement montrer qu’il défend les usines américaines avec autant de force que Donald Trump.

Mais cette décision est aussi la réponse à une menace bien réelle, celle que les surcapacités industrielles chinoises font peser sur l’ensemble des économies occidentales. Au premier trimestre, les ateliers de l’usine du monde ont tourné à moins de 75% de leur puissance, faute de demande intérieure. Ce qui incite Pékin à aider ses entreprises à chercher de nouveaux débouchés à l’étranger, même à perte. Le sujet a d’ailleurs été au cœur des échanges entre Xi Jinping, Emmanuel Macron et Ursula Von der Leyen lors de la visite du numéro un chinois à Paris la semaine dernière. Mais ce dernier a opposé une fin de non-recevoir à ses interlocuteurs.

Bruxelles dénonce le commerce « déloyal » de la Chine

Dans ce contexte, faut-il s’attendre à ce que les Européens prennent à leur tour des mesures protectionnistes ? Sur le papier, on s’y dirige tout droit. Plusieurs enquêtes anti-dumping sont en cours, sur les voitures électriques et l’acier notamment. Et à Bruxelles on juge inacceptable le commerce qualifié de déloyal exercé par la Chine à coups de subventions massives.

La question désormais est de savoir jusqu’où les Etats-membres sont prêts à aller, alors que la posture américaine va accentuer encore la pression des produits chinois sur l’Europe. A Paris, la volonté d’agir ne fait pas de doute, malgré les possibles représailles de Pékin sur les exportations de cognac.

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A Berlin, en revanche, les choses sont beaucoup moins claires. Les constructeurs autos allemands très présents en Chine multiplient les avertissements sur les conséquences d’une hausse des tarifs douaniers pour les berlines allemandes. Et l’absence d’Olaf Scholz à l’Elysée la semaine dernière semble montrer qu’ils ne prêchent pas dans le désert…

François Vidal

 

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