La France peine encore à sortir de la crise immobilière en ce début d’année 2024. Jacques Ehrmann, directeur général du promoteur immobilier Altarea, livre son analyse de l’état du secteur, dans l’émission C’est dans votre intérêt, diffusé chaque dimanche à 8h sur Radio Classique.
La « bombe sociétale » du logement a explosé, affirme Jacques Ehrmann. « Les Français ne sont pas logés, il y a plein de gens qui attendent un logement ou qui font la queue à vingt ou vingt-cinq derrière la moindre offre à la location ».
Si les ventes reprennent dans l’immobilier ancien, celles de logements neufs seraient « très médiocres ». La production, comme les mises en vente et les ventes, resterait faible. La filière « souffre énormément », assure-t-il.
« Le taux, c’était l’anesthésiant »
« On a fait un peu n’importe quoi cette dernière décennie », estime le directeur d’Altarea. Selon lui, les causes de la crise résideraient dans l’accumulation, pendant dix ans, de « coûts, normes et chartes ». Profitant d’un « crédit abondant et pas cher » qui faisait fonctionner le marché, l’Etat en aurait « profité pour matraquer financièrement le secteur », considère-t-il. « On a fabriqué un système dans lequel on produit du logement trop cher ».
« Le taux, c’était l’anesthésiant qui a fait qu’on n’a pas souffert de tous les dysfonctionnements qu’on a mis en place pendant dix ans », résume l’homme d’affaires. Désormais, les ménages devraient fournir d’importants apports financiers personnels et rembourser de forts taux d’intérêt, créant « un vrai sujet de pouvoir d’achat ».
Un important stock de logements
Les promoteurs disposeraient également, en raison de la crise, d’un important stock de logements « trop chers ». Pour les vendre, il y aurait selon Jacques Ehrmann deux solutions. Soit « baisser les prix et [vendre] à perte », soit faire des « abandons de projet et ventes à marge très faible ».
Pour les nouvelles constructions, le DG d’Altarea appelle de ses vœux des « logements plus compacts » et exige de « chasser les mètres-carrés inutiles ». Il critique également les « architectures trop coûteuses » ou les « normes excessives » et préconise de « stimuler » le logement intermédiaire et de faciliter l’accession à la propriété.
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Sa pensée se résumerait selon lui à un retour aux « fondamentaux » : il faudrait « produire de l’offre en quantité suffisante, à un prix que les gens peuvent payer et pour des besoins qui sont avérés ».
Ella Couet
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